Romane Dicko judo
À la rencontre des sportives

Romane Dicko, le retour de la prodige

Mejdaline Mhiri
20.03.2020

L’histoire de Romane Dicko est celle d’une surdouée à l’ascension fulgurante. Puis d’un cruel enchaînement de blessures et de rendez-vous manqués. Pour autant, la judokate de 20 ans, qui vient de rejoindre le programme FDJ Sport Factory, n’est qu’au début d’une carrière pleine de promesses.

C’est d’abord derrière un écran que Romane Dicko s’est mise à rêver d’exploits sportifs. « En 2012, je regardais les Jeux Olympiques de Londres à la télévision avec mon père, confie-t-elle. On a vu Audrey Tcheuméo décrocher la médaille de bronze. Un reportage sur son histoire était diffusé : ses débuts, ses origines camerounaises, comme moi ! Mon père, sur le ton de la rigolade, m’a proposé de me mettre au judo. »

Dans la famille Dicko, personne ne pratique cette discipline. Pourtant, l’adolescente de 13 ans prend le paternel très au sérieux et intègre le club de Villeneuve-Le-Roi (94). Elle est l’unique fille sur les tatamis, mais qu’importe. L’ambiance chaleureuse de la structure la pousse à poursuivre. Douée, Romane Dicko est immédiatement repérée. Elle rejoint le pôle espoir de Brétigny puis son club actuel, l’Etoile Sportive du Blanc-Mesnil.

Encore cadette, déjà championne

Romane Dicko FDJ Sport Factory

Copyright : Les Sportives

En 2016, quatre ans après avoir enfilé son premier kimono, Romane Dicko accomplit une incroyable performance. Evoluant toujours dans la catégorie cadette, alors qu’elle n’est pas encore ceinture noire, l’athlète de 17 ans gagne le championnat de France sénior des plus de 78 kilos. En 2018, la Francilienne gravit une marche supplémentaire et remporte son premier titre européen lors des championnats en Israël.

Au quotidien, la judokate s’entraîne avec détermination à l’INSEP où elle côtoie les virtuoses de son sport de combat. « Quand j’ai été surclassée, je les ai côtoyées de près, se rappelle-t-elle. J’étais sur le tapis avec GévriseAudrey, et Clarisse. Avant d’être des exemples, ce sont des grandes soeurs, des femmes fortes. On ne peut se sentir que boostée par cette équipe française, masculine et féminine, qui excelle ces dernières années. Pendant ma blessure, ça m’a donné envie de bosser. »

Car après les lauriers, le succès, Romane Dicko a dû composer avec un autre aspect de la vie de sportive : les blessures à répétition. « Je sentais une subluxation à mon épaule mais c’était devenu tellement naturel que je ne pensais pas que c’était grave. » Lors d’un stage, un médecin détecte le problème et lui fait passer une radio. Trois ligaments sont touchés. Deux mois d’arrêt sont préconisés pour éviter l’opération. Huit mois après la reprise, la judokate tombe. Cette fois-ci, c’est le genou qui souffre. « Le ligament latéral interne avait été touché. C’était reparti pour huit mois… » souffle-t-elle.

« je suis qualifiable aux Jeux »

Une course contre la montre

De retour sur les tatamis après un an et demi de convalescence, Romane se réadapte progressivement au rythme. Car aujourd’hui, le temps presse. « Au judo, il y a un classement avec des points à aller chercher sur des compétitions, explique-t-elle. Cela commence deux ans avant les Jeux Olympiques. Comme j’étais blessée, les autres filles de ma catégorie ont cumulé des points et pas moi. J’ai commencé par une contre-performance pour ma reprise en novembre 2019. Puis j’ai gagné le Grand Prix de Tel Aviv au début de cette année (janvier) et le Paris Grand Slam en février. Du coup, je suis qualifiable aux Jeux. Nous sommes trois Françaises dans ce cas-là et une seule partira au Japon. Mais avec le Coronavirus, toutes les compétitions sont annulées ou reportées. Le championnat d’Europe a été décalé à la mi-juin. On continue de s’entraîner en attendant les décisions des institutions… »

 

 

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* Traduction FR : by = par

 

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive
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Mejdaline Mhiri
20.03.2020
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