jeu de paume Léa
À la rencontre des sportives

Léa Van Der Zwalmen, la génie française du jeu de paume

Emeline Odi
09.05.2022

Léa Van Der Zwalmen, une jeune paumiste, a disputé son premier championnat du monde en France. L’occasion de revenir sur sa finale contre Claire Fahey et sa jeune carrière dans le jeu de paume. Rencontre.

Vous ne connaissez peut-être pas Léa Van Der Zwalmen (26 ans) mais c’est une génie de son sport : le jeu de paume. Deuxième joueuse mondiale de sa discipline, la jeune femme a disputé son premier championnat du monde en France, à Fontainebleau (11-17 avril). « Cela fait seulement quatre ans que je joue à la paume. C’était déjà un honneur d’avoir pu me qualifier et d’avoir eu le niveau pour jouer contre les meilleures joueuses du monde », s’enthousiasme la paumiste.

 

Les spectateurs et spectatrices étaient au rendez-vous pendant la compétition et pour la finale. « On avait près de 70 personnes. On a atteint la jauge maximale du lieu ! De jouer ce genre de match devant un public plein c’est exceptionnel. La presse était là aussi ! L’Équipe a consacré six pages dans le magazine donc ça c’est génial ! », reconnaît la Française. Au total, douze joueuses venues d’Angleterre, des États-Unis et de France se sont affrontées dans cette compétition. Léa Van Der Zwalmen s’est hissée jusqu’en finale.

Une finale contre la redoutable Claire Fahey

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La paumiste Léa Van Der Zwalmen

En face, la Française licenciée aux Girondins de Bordeaux retrouve la joueuse qui domine le jeu de paume à l’internationale, Claire Fahey (n°1 mondiale). C’est la troisième fois que Léa Van Der Zwalmen croise le chemin de l’Anglaise. La jeune Française n’a pas su faire la différence face à l’expérimentée Claire Fahey et s’incline deux sets à zéro (6-0 / 6-2). « J’avais pas assez d’armes stratégiques pour pallier une machine de guerre comme Claire. Son retour de service est vraiment précis et il est dur à rattraper. Elle a une précision sur les coups et une force mentale pour rester combative dans les moments durs », analyse Léa.

 

La différence d’expérience a aussi pesé dans la rencontre. Claire Fahey est la seule joueuse à posséder le statut de professionnelle, elle vit donc entièrement de sa pratique du jeu de paume. « Être professionnel c’est être salarié d’un club, être engagé à 100% dans le jeu de paume ». À l’instar de l’Anglaise, Léa Van Der Zwalmen est amatrice comme de nombreuses paumistes. À côté du sport, elle travaille à Bordeaux en tant que consultante (gestion de projet) dans une entreprise. « Je suis assez satisfaite de ma situation, avoir mon métier d’un côté et pouvoir jongler avec mes projets sportifs de l’autre », assure-t-elle.

Malgré la défaite, la Bordelaise reste lucide pour les prochaines échéances internationales. « Je suis toujours motivée car j’ai une chance en avril prochain (en Angleterre) de retenter une qualification en finale et titiller un peu plus l’anglaise. »

 

Ancienne joueuse de squash

Avant le jeu de paume, Léa Van Der Zwalmen a pratiqué le squash dès l’âge de 8 ans, à Toulouse. « J’ai fait 10 ans de squash où j’ai représenté la France », se souvient la Française. Lorsqu’elle déménage en Angleterre, Léa découvre un autre sport qui ressemble au squash, le fameux jeu de paume. « Les Anglais m’ont poussé à m’intéresser au jeu de paume grâce à mon passé de squasheuse. Ça m’a immédiatement plu. Après avoir fait 10 ans de squash, toutes mes années juniors j’ai voulu un nouveau challenge pour moi. »

Malgré quelques ressemblances avec le squash, Léa doit réapprendre la technique de base du jeu de paume. « Le geste est complètement différent, la raquette est très lourde, 370 grammes non cordée. Mais mon passé de squasheuse m’a aidé, j’avais une lecture des murs plutôt potable. »

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De quatorzième à deuxième joueuse mondiale

Au fil de la pratique, la Bordelaise apprécie de plus en plus le jeu de paume pour son côté physique et son aspect stratégique. « On doit vraiment utiliser son cerveau et se demander si “tel ou tel coups vont embêter l’adversaire”. Toute cette réflexion je trouve ça passionnément », s’enthousiasme Léa Van Der Zwalmen.

 

En s’entraînant deux à trois fois par jours, elle passe de 14ème mondiale à deuxième mondiale. Et ça, en l’espace de dix mois seulement. Grâce à ses performances, Léa participe au championnat de France, ce qui est rare pour une paumiste française même si la compétition est mixte. « Les tournois à la paume sont mixtes par définition parce que l’on utilise un système d’index comme au golf », précise la Française. Lors de sa première participation, elle atteint les demi-finales puis la finale deux fois d’affilée, ce qui fait d’elle la deuxième meilleure joueuses tous sexes confondus en France.

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Repopulariser le jeu de paume en France

À travers sa pratique du jeu de paume, Léa Van Der Zwalmen veut également promouvoir ce sport né dans l’Hexagone. « Ce sont les Anglais qui l’ont repopularisé au XIXème siècle. À cause d’un effet de mode. La France s’était débarrassée de ce jeu de paume ». Sur les 45 salles de paume au monde, il n’y en a seulement trois en France (Paris, Fontainebleau, Bordeaux), alors que l’Angleterre en possède 26.

 

De son côté, la Française fait en sorte d’être présente dans les médias pour encourager les jeunes à pratiquer ce sport. « J’essaie de faire des interviews, passer la télé pour pouvoir promouvoir le jeu de paume, indique la paumiste. Ce qui manque c’est vraiment l’exposition dans les médias pour faire réaliser aux gens que le jeu de paume n’est pas un sport mort, dans un musée c’est un patrimoine vivant, un sport en devenir, c’est le message que je pousse. »

La pratique pourrait se développer dans les prochaines années grâce à la construction de deux autres salles de paume en France. « À Pau le projet consiste à transformer un court de trinquet en un court de jeu de paume. À Chinon, on a trouvé un vestige d’une salle de jeu de paume du XVème siècle qui va être rénovée avec la Fondation du patrimoine. » Léa Van Der Zwalmen et le jeu de paume ont de beaux jours devant eux. 

Crédit photo : Jean Deschamps

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Emeline Odi
09.05.2022

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