Léa Serna
À la rencontre des sportives

Léa Serna: « Prendre les compétitions les unes après les autres »

Marie Thimonnier
23.01.2023

La triple championne de France de patinage artistique aborde sereinement les Championnats d’Europe, qui ont lieu du 25 au 29 janvier, à Espoo en Finlande, après avoir connu une saison passée difficile. 

Léa Serna enfile ses premiers patins à l’âge de quatre ans, à l’occasion d’une sortie d’été  avec ses grands-parents, à la patinoire de Nice. Elle préfère la fraîcheur du lieu confiné aux fortes chaleurs du Sud de la France. Près de vingt ans plus tard, le 17 décembre dernier, à Rouen, elle décroche son troisième titre de championne de France.

Depuis quatre ans, elle a posé ses valises à Poitiers, en tant que pensionnaire du club de patinage artistique de Brian Joubert, l’ancien athlète trois fois vice-champion du monde. Il l’entraîne désormais dans sa glisse. La patineuse s’apprête à vivre ses troisièmes championnats européens, qui se déroulent à Espoo en Finlande, du 25 au 29 janvier et espère une sélection pour les Mondiaux, le mois suivant. Les Sportives s’est entretenu avec Léa Serna, quelques jours avant son départ pour la compétition. 

Les Sportives : Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ces Championnats d’Europe ?

Léa Serna : « Je suis pressée de partir. Je me sens prête. Les jours qui précèdent la compétition, c’est surtout du peaufinage et le temps est long parce qu’on a déjà envie d’y être. Pour la compétition, je n’ai pas un objectif de classement, mais plutôt de performance, car je sais que ça ne dépendra pas que de moi. Aujourd’hui on a toutes le même niveau, on est plus ou moins sur les mêmes profils techniques, donc tout va se jouer au moment-même de la compétition, sur des petits détails. »

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Léa Serna, championne de France de patinage artistique. Source: Franck Socha

Les Russes, qui dominent les podiums internationaux sont toujours absents des compétitions (depuis le début de la Guerre en Ukraine), quel impact cela a-t-il sur les Championnats ? 

« Ça libère des places pour nous. Avant, toutes les filles se battaient pour être à la 4e, 5e ou 6e places, car les trois premières étaient déjà prises d’office. Aujourd’hui, même s’il y a des filles qui sont meilleures que moi, il n’y a pas d’”ovni”. La compétition va être très intéressante, car nous avons toutes nos chances. Cette année, je suis incapable de donner un pronostic d’un podium européen.»

 

Après cette saison longue et compliquée, j’ai un peu tout lâché, j’ai eu besoin de repos.

La saison dernière, vous avez su très tôt que vous n’étiez pas sélectionnée pour les Jeux olympiques de Pékin 2022, comment l’avez-vous vécu ? 

« Ça a d’abord été une grosse déception. C’était difficile d’être la française qui n’est pas allée chercher le quota. Je me suis tout de suite posée la question: Est ce que tu arrêtes ou tu te relèves et tu continues ? Finalement ça a été vite vu. Tu peux être triste, être déçue, mais quand tu as passé toute ta vie à t’entraîner, tu te relèves, tu retournes t’entraîner et tu essayes de faire mieux. Ces épreuves-là ça forge beaucoup. Malgré la déception, j’ai dû tenir toute la saison pour les autres compétitions, rester forte.»

Vous abordez plus sereinement cette nouvelle saison ? 

« Après cette saison longue et compliquée, j’ai un peu tout lâché, j’ai eu besoin de repos. Mentalement ce n’était pas facile. Mais je me suis parfaitement relancée avec une troisième victoire aux Championnats de France. Cette année, il y a l’Europe, la sélection pour les mondiaux puis pour les championnats du monde par équipe. C’est une belle fin de saison, il y a de quoi se faire plaisir. »

Et les Jeux olympiques de 2026 ?

« Quand j’ai raté la sélection pour Pékin 2022, j’étais repartie pour 2026. Mais depuis, j’ai eu une petite remise en question. Je me suis dit que j’allais voir d’année en année, que j’allais me faire plaisir, prendre les compétitions que j’ai à prendre, les unes après les autres, sans me mettre de pression. Je me prépare pour ça depuis que je suis bébé, donc je n’oublie pas cet objectif à terme.»

 

Propos recueillis par Marie Thimonnier 

 

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Marie Thimonnier
23.01.2023

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