À la rencontre des sportives

La snowboardeuse Marion Haerty vient en aide aux migrants

"J'ai vu la détresse de ces jeunes personnes, de ces ados de 14 ans qui ne savaient pas où ils étaient. je ne pouvais pas rester sans rien faire."

Assia Hamdi
10.10.2019

Soutenue par la snowboardeuse Marion Haerty, l’association Riders for Refugees récolte des vêtements chauds invendus ou de seconde main pour les redistribuer aux réfugiés. Rencontre. 

A chaque mois d’octobre, depuis 2015, Riders for Refugees récolte à destination des migrants des vêtements d’hiver. Invendus, invendables, anciens vêtements de particuliers, passés de mode ou un peu abimés. L’association amasse les habits qui peuvent éviter aux migrants une fin tragique. L’année dernière, l’association créée à Annecy a réussi à collecter 6300 vêtements ou accessoires d’hiver.

Des ambassadrices qui s’engagent 

Pour sa campagne 2019, l’association a une marraine de renom, la snowboardeuse Marion Haerty, 27 ans, double championne du monde et vice-championne du monde de snowboard freeride. Mais Marion n’est pas une néophyte dans l’association : elle est engagée comme bénévole depuis plusieurs campagnes. « Je m’étais déjà investie à collecter des vêtements sur le Snowboard Garden Festival, un gros festival à Grenoble, et à les redistribuer. Alors quand j’ai découvert Riders for Refugees, j’ai voulu m’engager. » Marion Haerty a commencé le bénévolat il y a quatre ans, avec Coline ballet-Baz, skieuse acrobatique française, l’une de ses « meilleures amies ».

« Quand on voit les tonnes de vêtements qui sont jetés chaque année dans le cadre de l’industrie de l’article de sport, ce n’est pas normal »

C’est l’année dernière que l’athlète a été touchée par le sort des migrants dans les Alpes au refuge de Briançon. « J’ai découvert que l’horreur se passait près de chez moi. J’ai vu la détresse de ces jeunes personnes, de ces ados de 14 ans qui ne savaient pas où ils étaient. Je ne pouvais pas rester sans rien faire. » Après deux années à leurs côtés, à s’investir bénévolement, Marion Haerty a accepté cette année la proposition de devenir marraine.

« Ma mission est d’engager plusieurs ambassadeurs pour développer la communication et donner le plus de visibilité possible à l’association. » D’autres anciens riders prêtent aussi leur image à Riders for Refugees, comme Victor Daviet, snowboardeur professionnel depuis dix ans, et Léo Taillefer, skieur freeride hors compétitions. « Nous les riders, on a des tonnes et des tonnes d’affaires chaudes », poursuit Marion Haerty, pour justifier son engagement et celui de ses camarades.  

Riders for Refugees poursuit aussi une dimension écologique.

Plusieurs marques s’engagent depuis plusieurs années à redistribuer des vêtements à l’association, comme « Rossignol, Montaz ou Eider », cite la snowboardeuse. De nouveaux partenaires rejoignent chaque année l’initiative. « Quand on voit les tonnes de vêtements qui sont jetés chaque année dans le cadre de l’industrie de l’article de sport, ce n’est pas normal, surtout dans ce monde où on parle beaucoup d’éthique et d’écologie, développe Marion. On ne va pas jeter une veste parce qu’il y a une fermeture zip qui déconne. »

Ce mois-ci, Riders for Refugees est occupée par une opération de collecte dans toute la France. « Ensuite, en novembre et décembre, on se rendra dans le Nord Pas de Calais, dans la zone de Briançon et en Grèce pour redistribuer les vêtements. » Mais une opération de cette envergure réclame des moyens. « Beaucoup de personnes nous aident, mais on a besoin de sous pour mettre en place des circuits de distribution, pour l’essence. On a un peu peur que ça ne soit pas suffisant, donc on espère que les gens vont aider l’association. »

Les soutenir c’est s’engager aussi 

Si vous voulez soutenir Riders for Refugees pendant cette campagne 2019, deux possibilités : Vous rendre dans l’un des 30 points de collecte répartis en France pour déposer vos vêtements chauds. Ou participer à la campagne de crowdfunding en ligne.

A noter que l’espace de collecte parisien est situé dans le magasin « Urban Surfers, au 65, rue Saint-Jacques, dans le 5e arrondissement de Paris. » 

 

Copyright photos : David Malacrida 

Assia Hamdi
10.10.2019