À la rencontre des sportives

Chloé Trespeuch, snowboardeuse tout terrain avide de podiums

Benoit Pelegrin
22.03.2021

La snowboardeuse Chloé Trespeuch, médaillée de bronze aux Jeux olympiques d’hiver en 2014, sait jouer des coudes sur les parcours de cross. Quand elle n’est pas à ajouter un nouveau podium aux 23 qu’elle compte déjà en individuel en Coupe du monde, la championne assure ses arrières au sein du service de communication de la SNCF, à Lyon.

Native de Bourg-Saint-Maurice, Chloé Trespeuch grandit à Val Thorens, en Savoie. Elle s’essaye d’abord au ski, à un âge où d’autres apprennent encore à marcher, puis s’oriente vers le snowboard « autour de six ou sept ans ». Son père pratique déjà en loisir et son grand frère en compétition. Inscrite en club, elle commence à se mesurer aux autres filles « surtout par jeu ». « Je fonctionne beaucoup par objectif, dans le sport comme dans la vie. Le plaisir de la glisse c’est bien, gagner c’est mieux », explique-t-elle.

« Je m’épanouis pleinement quand il y a de la difficulté, que les sauts sont importants, que je prends de la vitesse. »

Week-end après week-end, elle enchaîne les compétitions et bientôt les titres de championne de France, tout en partageant son temps entre les Alpes et Saint-Jean-de-Monts, en Vendée, au rythme de l’activité de ses parents saisonniers. La savoyarde intègre la section sportive scolaire « Ski / Snow » du collège de Moûtiers puis le lycée Pôle France à Albertville en sport-étude, dont une partie des cours lui est dispensée l’été pour dégager son agenda l’hiver. C’est à ce moment-là qu’elle opte pour une carrière d’athlète. Alors cadette, Chloé Trespeuch rejoint l’équipe de France en 2010 puis devient vice-championne d’Europe senior de snowboard cross l’année suivante. Au lycée les entraînements sont intenses, l’exigence très élevée. « L’idéal pour savoir si on aime ça », se souvient-elle. « J’étais jeune, le milieu était assez dur, mais j’adorais. » Un choix payant puisque les podiums s’enchaînent, en Coupe d’Europe puis en Coupe du monde, la snowboardeuse se découvrant meilleure à mesure que le parcours se relève. « Je m’épanouis pleinement quand il y a de la difficulté, que les sauts sont importants, que je prends de la vitesse. »

Volonté d’airain

Lorsqu’elle débarque à Sotchi en 2014, la sportive de 19 ans se retrouve devant la pente de snowboard cross la plus raide de sa jeune carrière, celle aussi qui lui offrira une médaille de bronze olympique. « Sportivement, les Jeux sont peut-être un peu en-dessous du globe de cristal, qui récompense la régularité de toute une saison. Mais en termes de visibilité et de notoriété, auprès des sponsors comme du grand public, c’est sans égal. Et défendre les couleurs de la France, partager des moments avec d’autres athlètes, cela ajoute quelque chose d’encore plus fort. »

Chloé Trespeuch intègre le dispositif Athlètes SNCF en 2017, d’abord en qualité d’agent d’escale, le métier historique du transporteur ferroviaire français. « J’y ai découvert la réalité du travail sur le terrain, avant d’intégrer le service de communication à Lyon », explique-t-elle. Il lui est alors confié des missions d’organisation d’événements sportifs en interne et en lien avec les enjeux de qualité de vie au travail. « Le dispositif Athlètes SNCF nous permet de nous impliquer à fond dans une carrière de sportif de haut niveau tout en préparant la suite, car je sais bien qu’aux alentours de 35 ans il me faudra basculer dans une deuxième vie. Sans perspective ni expérience professionnelle, ce saut peut sembler vraiment effrayant. » À l’agenda sportif, Chloé Trespeuch lorgne sur les prochains Jeux olympiques d’hiver à Pékin, dans moins d’un an. Elle vise également le fameux globe de cristal puis les championnats du monde en 2023.

Benoit Pelegrin

Cet article s’inscrit dans le cadre d’un cycle de sept portraits de championnes membres du dispositif SNCF, qui permet à une trentaine d’athlètes de mener de front leur carrière sportive et professionnelle au sein du groupe ferroviaire français. L’opération se fait en collaboration avec Analog Sport, qui se présente comme la première association d’éducation et d’insertion à travers la photographie argentique et le sport. La semaine prochaine, Sofia Nabet (boxe anglaise).

Benoit Pelegrin
22.03.2021
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