Barbara Barthet a remporté trois titres lors des derniers championnats du monde
À la rencontre des sportives

Sport-boules : Barbara Barthet, la bouliste qui s’engage

Eva Chery
13.01.2022

En septembre dernier à Martigues, Barbara Barthet a ajouté à son palmarès trois nouveaux titres de championne du monde de sport-boules dans les épreuves de tir progressif, tir en relais et tir en relais mixte. Bien que méconnue en France, cette sportive de toujours milite pour une reconnaissance plus importante de son sport et de ses athlètes de haut niveau.

S’engager, ce n’est pas un problème pour Barbara Barthet. C’est en tant que leadeuse de sa discipline qu’elle a défendu la place de son sport aux Jeux de Paris en 2024. Une apparition à l’olympiade parisienne aurait permis au sport-boules d’être plus connu en France. Ce refus, elle l’a vécu comme « une déception. Il y avait une énorme motivation, et elle s’est envolée. C’était pour nous une occasion énorme, qui aurait enfin pu permettre aux Français·e·s de découvrir notre sport. Malheureusement, on n’aura pas cette chance et je crois qu’il ne se présentera plus jamais de meilleures occasions. »

Malgré 40 000 licencié·e·s au sein de la fédération, la boule lyonnaise reste encore très méconnue en France. Ses athlètes de haut-niveau n’endossent pas le statut de sportif·ve professionnel·le. Un manque de légitimation qui reste encore incompris pour la championne du monde de 27 ans : « Pour mes copines étrangères qui pratiquent en Chine, Italie, Turquie, Slovénie ou Croatie, c’est différent, dans leur pays le sport-boules a plus d’importance. »

Une figure du haut niveau

Issue d’une famille sportive, Barbara Barthet, triplement médaillée aux mondiaux cet automne, a aussi connu le haut niveau en judo et en saut en hauteur. Mais, à 15 ans, il a fallu faire un choix. Après la ceinture noire de judo, les championnats de France d’athlétisme, elle a finalement décidé de continuer le sport-boules. Ce choix, c’est celui du cœur. Mais elle le doit aussi aux conseils de sa mère. « En tant que coach de judo, elle m’a conseillé de ne pas continuer. Ma morphologie n’était pas la meilleure pour une pratique de haut niveau. »

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« Tu verras à 15 ans, tu ne pratiqueras plus le sport-boules »

Entraînements tous les jours et matchs tous les dimanches. C’est le rythme de Barbara Barthet pour pouvoir être à son meilleur niveau. Le sport-boules nécessite à la fois un travail technique et physique. « Les footings sont incontournables pour ce sport. » Son beau-père, grâce à qui elle a découvert la discipline, est son coach au quotidien. Il est l’une de ses sources d’inspiration et de motivation.

Quand elle parle de lui, elle a toujours cette petite anecdote qui lui traîne dans la tête : « Vers l’âge de 12 ans, un jour où on était en voiture lui et moi, il m’a dit : « tu verras à 15 ans, tu ne pratiqueras plus le sport-boules ». » Aujourd’hui, elle révèle que « c’est sûrement à cause de ça que j’ai continué et que je continue encore aujourd’hui. Pour le rendre fier et pour, d’une certaine manière, lui donner tort. » En plus de son emploi du temps sportif bien chargé, Barbara Barthet travaille au Comité départemental olympique et sportif de l’Ain en tant qu’agente de développement et de communication. Ce métier lui permet d’associer sa vie professionnelle et sa pratique sportive. Elle n’a pour le moment pas prévu d’arrêter sa passion mais souhaite donner un nouveau tournant à sa vie. Barbara Barthet souhaite entamer la construction de sa vie de famille.

Propos recueillis par Eva Chery

Crédit photo : Barbara Barthet

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Eva Chery
13.01.2022

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