À la rencontre des sportives

Les combats de Prescillia Lézé, judokate malvoyante, pour rejoindre Tokyo

Mejdaline Mhiri
27.08.2019

Judokate depuis son plus jeune âge, Prescillia Lézé a subi un traumatisme dans son enfance aux conséquences lourdes. Elle est désormais malvoyante. Mais la jeune femme de 20 ans est résolue à réussir, sur les tatamis et en dehors.

Dans la famille Lézé, le sport de prédilection se pratique sur un tatami et avec un kimono.  « Mon grand-père était professeur de judo. Ma mère, mes soeurs et mes frères pratiquent également ce sport. Je suis née dans le judo, c’est une véritable passion » confirme Prescillia Lézé.

Adepte de la discipline depuis qu’elle sait marcher, l’Avignonnaise affronte à neuf ans une situation douloureuse liée à sa scolarité. Elle développe le syndrome de Stargardt qui altère sa vision et la rend quasiment aveugle. « J’étais voyante jusque-là mais j’ai subi du harcèlement à l’école. Le choc émotionnel a déclenché ma gêne visuelle. J’ai arrêté le judo pendant deux ou trois ans. Cela me manquait, alors je suis revenue encore plus forte,en parajudo. »

La rage de vaincre

Prescillia apprend à composer avec sa maladie et met son histoire au service de sa détermination. « En compétition, j’ai en tête que mon adversaire est la fille qui m’a harcelée. Ça me donne la rage pour tout donner» partage celle qui a gagné sa ceinture noire en mars 2017. Son palmarès atteste de son potentiel. En parajudo, la Vauclusienne est sacrée championne de France à deux reprises (2017 et 2018). En 2017, elle remporte les Jeux Européens dans sa catégorie. A deux reprises, Prescillia s’octroie la seconde place en Coupe du Monde.

Elle est surtout la première malvoyante à affronter des athlètes valides en championnat de France où elle s’est classée neuvième chez les juniors. « En parajudo, on ne tient pas la garde comme avec les valides. On est directement en contact. Il y a quelques règles spéciales comme la sortie de tapis qu’on nous signale à haute voix. Tout le reste ne change pas. »

En vérité, c’est surtout la stratégie mise en place avec son entraîneur de toujours, Philippe Roux, qui importe. « Depuis toutes ces années, je connais l’ensemble de mes opposantes. On choisit les techniques à adapter en fonction de chacune. Je connais Philippe depuis toute petite, c’est mon deuxième père. On se comprend bien dans les compétitions, il me pousse à me dépasser. »

Ambitieuse et bosseuse

Au quotidien, le soutien de FDJ lui permet de pratiquer sa discipline dans de bonnes conditions. « L’aide apportée par FDJ  m’a permis d’être présente un peu partout en compétition et   de pouvoir participer à des stages de préparation » explique Prescillia qui évolue dans les catégories plus de 70 kilos en parajudo et moins de 78 kilos avec les valides.

La licenciée d’Entraigues est ambitieuse et combat sur tous les tableaux. Titulaire d’un CAP petite enfance, elle a entamé un BPJEPS, tout en cherchant à se qualifier pour les Jeux de Tokyo l’été prochain. « Quand je combats avec les valides, c’est déjà énorme de disputer les championnats de France. En parajudo, j’espère être sélectionnée pour les Jeux Paralympiques au Japon. Pour cela, il faut que j’engrange des points en championnat et dans les compétitions internationales. Nous sommes aussi classés selon notre handicap. Comme je vois davantage que d’autres, il va falloir que je remporte plus de points pour me qualifier. En septembre, je serai à la Coupe du Monde en Ouzbékistan. Je dois absolument faire un podium. On a jusqu’au mois de mai 2020 pour marquer des points. »

 

* Traduction FR : by = par

Copyright photo : FF Judo 

 

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage
les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive
« j’aimerais changer les mentalités
et faire évoluer les mentalités. Et cela passe aussi par les encadrants.
#SportPourEllesFDJ
Mejdaline Mhiri
27.08.2019