aviron Laura Tarantola
À la rencontre des sportives

La rameuse Laura Tarantola sur les rails d’une médaille olympique

Benoit Pelegrin
15.03.2021

Laura Tarantola a préféré la glisse d’un bateau sur l’Isère plutôt que celle des pentes enneigées de son département d’origine, la Haute-Savoie. L’équipe de France d’aviron, dont elle garnit l’armoire à trophées depuis dix ans, ne peut que s’en féliciter et regarde dorénavant en direction de Tokyo.

C’est à l’adolescence que Laura Tarantola donne ses premiers coups de rames, traînée par une amie au club de l’Aviron grenoblois à l’occasion d’une journée découverte. Nous sommes en 2008. L’ambiance la séduit davantage que le sport en lui-même, jugé de prime abord répétitif. Au sein de ce premier groupe de filles « qui avaient l’air de très bien s’entendre » comme en équipe de France moins de deux ans plus tard, l’importance de l’esprit d’équipe ne cessera jamais de se vérifier. Le plaisir d’une pratique en extérieur, dans un cadre splendide et au sein d’un des meilleurs clubs français, finira par la détacher de ses premières amours sportives, la danse, le basket et le tennis. De fil en aiguille la Haute-savoyarde, originaire d’Annemasse, se prend au jeu des entraînements, des compétitions, des victoires. Alors cadette, elle gagne le championnat de France en bateau de quatre en 2010 puis franchit les paliers suivants avec deux médailles aux championnats du monde en 2015 et 2016, en moins de 23 ans. Elle intègre l’élite en 2017 et devient championne du monde en skiff poids légers l’année suivante puis vice-championne d’Europe en 2019 en double avec sa coéquipière Claire Bové. C’est dans cette dernière catégorie, celle du bateau olympique en poids légers, qu’elle se place cinquième aux derniers championnats du monde – à trois petites secondes du podium –, de quoi les qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo cet été. Laura Tarantola n’en délaisse pas pour autant ses études, en IUT puis en école de commerce, toujours à Grenoble. Ses horaires sont aménagés pour lui permettre de mener de front ses ambitions sportive et professionnelle.

« Préparer sereinement l’après »

Accompagnée par sa fédération, Laura Tarantola prépare fin 2019 son entrée dans la vie active, « consciente qu’une carrière sportive ne dure pas éternellement et qu’elle peut d’ailleurs s’arrêter du jour au lendemain », explique-t-elle aux Sportives Magazine. C’est alors qu’elle croise la route de la SNCF et son équipe d’athlètes de haut niveau. Pour la sportive, le dispositif Athlètes SNCF comporte de nombreux avantages : il permet de libérer du temps pour les entrainements – plus encore en année olympique –, de maintenir un équilibre de vie grâce à une activité professionnelle et de « préparer sereinement l’après ». Pour ne rien gâcher, son poste, en charge de la qualité de vie au travail des collaborateurs, lui plait. Mais avant de rouvrir la porte de son bureau lyonnais, Laura Tarantola et sa coéquipière ont un objectif de taille : les JO. Qui se profilent après une année quasi blanche en termes de compétition et une période hivernale dédiée à l’entraînement. Le premier test aura lieu mi-avril aux championnats d’Europe, une compétition au niveau particulièrement relevé dans leur catégorie. « L’aviron demande beaucoup d’abnégation et de persévérance », témoigne la championne. « De la puissance bien sûr, de la régularité mais surtout une grande cohésion avec sa ou ses coéquipières. À deux, à quatre ou à huit, le bateau avance plus vite quand tous les corps et toutes les rames bougent ensemble. » Au plus haut niveau, la chorégraphie se joue au millimètre, et à 195 pulsations cardiaques par minute. Mais en amateur aussi, « l’aviron est un sport dans lequel on peut s’épanouir et vivre des émotions fortes, partagées et en extérieur. Les sensations de glisse et de vitesse sont grisantes. » Et celles d’une médaille olympique ?

Benoit Pelegrin

Cet article s’inscrit dans le cadre d’un cycle de six portraits de championnes membres du dispositif SNCF, qui permet à une trentaine d’athlètes de mener de front leur carrière sportive et professionnelle au sein du groupe ferroviaire français. L’opération se fait en collaboration avec Analog Sport, qui se présente comme la première association d’éducation et d’insertion à travers la photographie argentique et le sport. La semaine prochaine, Chloé Trespeuch (snowboard cross).

 

Benoit Pelegrin
15.03.2021
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