À la rencontre des sportives

Harmonie mutuelle Semi de Paris : Déborah court pour sa santé et celle de Jeanne

La course me permet de m’apaiser, de voir les choses autrement. De me décharger aussi de ma journée et d'aborder la suivante avec davantage de sérénité et de tranquillité.

Benoit Pelegrin
01.07.2021

C’est au moment où Déborah arrête la cigarette qu’elle commence la course à pied, il y a quatre ans. La landaise de 35 ans, inscrite au club de Dax, ne rate depuis aucune édition de la Jeanne race, une course caritative au profit d’une jeune fille atteinte d’une maladie génétique. Son prochain objectif ? L’Harmonie mutuelle Semi de Paris, le 5 septembre.

Aide-soignante, Déborah a un déclic en s’occupant d’un patient, fumeur, père de famille et très mal en point. Elle décide alors d’arrêter la clope du jour au lendemain, après avoir fumé environ un paquet par jour, de 18 et 30 ans. « Personne ne m’en croyait capable », se souvient-elle. Elle arrive cependant à faire mentir son entourage avec un allié précieux : la course à pied. D’abord chargé de limiter sa prise de poids, le footing devient vite une histoire de défi personnel. Elle commence par des petites distances. S’inscrire à un semi-marathon relevait à l’époque de la science-fiction. Courir « me permet de décompresser », explique-t-elle. « Mon métier peut être stressant. La course me permet au contraire de m’apaiser, de voir les choses autrement, de me décharger de ma journée et d’aborder la suivante avec davantage de sérénité et de tranquillité. Si je n’ai pas mes trois séances par semaine, je sens qu’il me manque quelque chose. J’y ai vraiment pris goût. Je peux même dire que je suis devenu accro. »

Tous pour Jeanne, Jeanne pour tous

Déborah met également ses  foulées au profit de la bonne cause. Elle court chaque année au nom de l’association « Tous pour Jeanne et Jeanne pour Tous », qui récolte des fonds au profit d’une enfant de douze ans polyhandicapée atteinte d’une maladie génétique rare, le CDG syndrome. La sportive connaît la situation de près puisque Jeanne n’est autre que la fille de sa meilleure amie. « Je cours tous les ans la Jeanne race, un parcours de 10 kilomètres », qu’elle a bouclé la dernière fois en 49 minutes, contre 1h05 lors de sa première participation. Une progression en récompense de son entraînement assidu et dû à l’entourage de l’Union sportive dacquoise qu’elle rejoint en septembre 2019. « J’ai intégré un club pour pouvoir courir en groupe », explique-t-elle. « J’y ai découvert l’intérêt d’être entourée par un coach. Je vois mon évolution et j’en suis très fière. »

Avoir la niaque

L’Harmonie mutuelle Semi de Paris, programmé le 5 septembre, sera la première course sur cette distance pour Déborah. Mais elle s’est déjà frottée aux 21,1 kilomètres une fois, seule à l’entraînement. Cette fois-ci il y aura 40 000 personnes autour d’elle. Forte de ses temps de référence sur le 10 kilomètres, la sportive vise 1h40. « J’espère faire mieux mais 1h40 serait déjà très correct », confie-t-elle. Sur la ligne de départ elle retrouvera son père, avec qui petite, entre deux séances d’équitation, elle pratiquait le ski nautique, dans le club qu’il tient toujours en région parisienne. Il s’est inscrit avec son entreprise. Depuis Dax « toute l’équipe sera derrière moi », sourit Déborah. « Ma coach est très satisfaite de mes performances. Je suis bien encadrée, elle veut me pousser jusqu’au bout. C’est hyper encourageant et ça me donne aussi la niaque pour me dépasser. » Son époux et sa fille de treize ans seront bien présent·e·s pour la soutenir sur le bord de la route dans la capitale. D’ici là, Déborah suit le programme d’entraînement proposé par Harmonie, à deux ou trois améliorations près. Huit semaines à raison de quatre entraînements hebdomadaires.

Cet article s’inscrit dans une série de 10 portraits de femmes qui prendront le départ pour l’Harmonie mutuelle Semi de Paris.

Benoit Pelegrin
01.07.2021
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