dominique Carlac'h
À la rencontre des sportives

Dominique Carlac’h « les deux mondes du sport et de l’entreprise sont prêts pour se rapprocher »

Benoit Pelegrin
30.12.2020

Nouvelle recrue de l’équipe d’André Giraud à la tête de la Fédération française d’athlétisme (FFA), Dominique Carlac’h, ex championne junior sur 400 mètres, souhaite rapprocher son sport de cœur avec le monde de l’entreprise.

 

C’est à la fin de l’école primaire que Dominique Carlac’h commence l’athlétisme. Désignée volontaire par son père professeur de sport pour « remplacer une des filles au pied levé », elle empoigne son « premier bâton », court et remporte sa première course de relai en CM1. Elle prend dans la foulée une licence à côté de chez elle à Pontivy, en Bretagne, et se spécialise dans la course de vitesse plutôt longue, pour arriver petit à petit à sa distance reine : le 400 mètres. Avec puis sans les haies. Ses parents décident de placer leur jeune championne régionale en sport étude à Rennes, où elle est placée entre les mains d’un entraineur médaillé olympique à Munich sur 4*400 mètres. Elle intègre ensuite l’équipe de France junior et y croise une future triple médaillée d’or à Barcelone puis à Atlanta, une certaine Marie-José Pérec. Dominique Carlac’h se rend alors compte que toute excellente junior qu’elle était, elle ne comblerait pas la distance nécessaire pour atteindre le niveau international demandé en élite France. D’autant que ses études qui commencent à Sciences Po, après une classe préparatoire littéraire, la passionnent et lui demandent du temps et de l’énergie qu’elle ne peut plus consacrer à l’entraînement.

« Je suis convaincue que les deux mondes du sport et de l’entreprise sont prêts pour se rapprocher. »

Sport en entreprise

Sortie major de sa promotion en section service public, Dominique Carlac’h commence sa carrière professionnelle à l’OCDE, puis dans un modeste cabinet de conseil en stratégie avant qu’elle ne fonde le sien, alors qu’elle n’a pas trente ans. « Je me lance dans un milieu très masculin, principalement peuplé de cinquantenaires avec une formation d’ingénieur. J’incarne le strict opposé. C’est là que mon caractère de sportive a joué : d’abord en acceptant la possibilité de l’échec, ensuite en me disant qu’il est toujours possible de faire sa course même si on ne vous attend pas », explique-t-elle. Elle développe son entreprise, qui compte aujourd’hui une petite cinquantaine de salariés, se rapproche de son syndicat professionnel et est repérée par le MEDEF en 2013, pour qui elle mène il y a cinq ans une grande étude sur les bienfaits du sport en entreprise, pour les salariés mais aussi pour les finances publiques et celles de la société, chiffres à l’appui. Elle met également sa force de conviction dans la balance pour décider les patrons à soutenir la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024.

Enthousiasme, convictions et idées

Dominique Carlac’h reste au fil des années très proche du monde du sport en général et de l’athlétisme en particulier. Elle pratique régulièrement la marche nordique et boucle un trail de 100 kilomètres chaque année. Sollicitée par l’équipe d’André Girauld, elle décide en 2020 de rejoindre sa liste pour combiner son expérience associative au sein du MEDEF et son amour de l’athlétisme. En apportant son enthousiasme, ses convictions et ses idées, notamment autour du sport en entreprise. « Je suis convaincue que les deux mondes du sport et de l’entreprise sont prêts pour se rapprocher, et ont à y gagner, notamment sur le plan de la valeur ajoutée pour chacun des deux », continue-t-elle. « C’est important que je puisse l’appliquer à un sport particulier, le mien. » La cheffe d’entreprise souhaite également s’investir dans le sport féminin, après être montée en première ligne de la lutte contre les discriminations faites aux femmes dans le milieu professionnel et avoir défendu leur place dans les domaines de l’innovation et de l’entreprenariat.

 

Benoit Pelegrin
30.12.2020
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à notre rédaction.