Amina Tounkara, fondatrice de Hand'Joy
À la rencontre des sportives

Amina Tounkara crée Hand’Joy pour l’inclusion sociale par le sport

Audrey Leroux
02.05.2022

Amina Tounkara a créé l’association Hand’Joy pour « l’égalité des chances, l’émancipation, l’éducation et l’inclusion sociale par le sport ». Gardienne de handball en D2 à Noisy-le-Grand, elle veut faciliter l’accès au sport aux jeunes filles et permettre aux femmes d’évoluer dans ce domaine. Portrait d’une femme et d’une association avec de grandes ambitions.

Amina Tounkara défend l’inclusion par le sport, la jeunesse et les sportives à travers l’association Hand’Joy. Gardienne en D2 au club de handball de Noisy-le-Grand, elle a imaginé ce projet en troisième année de Bachelor. Dans le cadre de ses études, elle a organisé un événement de handball pour les enfants malades. Mais la Covid est arrivée, l’action a été annulée.

 

Frustrée, Amina va plus loin : « Je me suis dit que je pouvais en faire une association. Ma cause c’est le sport au féminin, l’émancipation par le sport, se battre pour la cause des sportives et des quartiers populaires. Ça a donné Hand’Joy ». L’association a d’ores et déjà défini plusieurs pôles d’actions. Un pôle qui agit auprès des quartiers populaires avec des actions d’éducation par le sport, puis le pôle Hand’Joy Woman. Ce pôle a pour vocation d’inciter les jeunes filles et les femmes à faire du sport « car, par le sport, on se développe d’une manière différente qu’à l’école ou dans la vie de tous les jours ».

Logo et slogan de Hand'Joy, pour l'inclusion sociale par le sport

Slogan de Hand’Joy : « Lorsque la jeunesse s’engage »

Les origines de Hand’Joy

Les membres du bureau nommés et les pôles organisés, Amina Tounkara sait où elle veut aller avec Hand’Joy. Ne comptant que quelques membres pour le moment, l’association fait au mieux pour mener des actions. Amina témoigne dans les collèges et les lycées de Seine-Saint-Denis (93). « On raconte nos parcours de vie de sportive mais aussi de fille de quartiers populaires », raconte la jeune femme de 23 ans. « On veut faire passer un message aux filles mais aussi aux garçons. J’aime beaucoup échanger avec les jeunes. »

Elle est même revenue dans son ancien collège, là où tout a commencé pour elle : « Je ne faisais pas du tout de sport. J’ai découvert le handball en 6e, au collège Victor Hugo d’Aulnay-Sous-Bois. C’est ma professeure d’EPS, Mme. Bouchez, qui m’a fait découvrir sa passion ». Amina a débuté sa carrière grâce à l’association sportive de son collège.

⏩ À lire aussi : La Fédération française de handball lance sa fondation Hand’Solidaire

Une relation difficile entre sa famille et le sport

Le chemin n’a pas été linéaire pour Amina Tounkara. Elle commence à onze ans au club d’Aulnay-Sous-Bois et y fait ses premières années. Quelques années plus tard, son père refuse de la laisser partir au pôle espoir. Il est contre l’idée qu’elle parte de chez elle la semaine et poursuive à haut niveau. Amina Tounkara continue en National 1 avant de totalement arrêter le handball.

 

Cette période a été difficile pour la jeune femme. « C’était compliqué de gérer la relation avec mon père et le sport de haut niveau. Je ne trouvais plus de plaisir dans le hand », explique-t-elle, « le handball était ma vie sociale. Je me suis retrouvée seule. On m’enlève ma passion, qu’est-ce que je fais ? ». Elle se concentre sur ses études et finalement, revient sur les terrains pour « dépanner mes copines qui n’avaient plus de gardienne ». Petit à petit, la compétition reprend… et la passion avec. Elle accepte un projet de D2 au club de Saint-Maur (94) et débarque à Noisy-le-Grand (93) un an après.

« Hand’Joy, c’est pour montrer qu’il ne faut pas s’arrêter sur les préjugés »

Hand’Joy, l’inclusion sociale par le sport

Amina Tounkara reconnaît qu’elle a toujours voulu agir pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur. Hand’Joy, c’est l’association qu’elle aurait aimé avoir à ses côtés, plus jeune : « J’aurais bien aimé avoir quelqu’un ou une association qui me dise qu’il y a de l’espoir. Que ce n’est pas parce qu’à ce moment-là, le handball c’était fini, que tout était terminé ». Cet espoir, elle veut le partager à la jeunesse. Quelques projets sont en préparation : « On aimerait lancer une websérie de témoignages de femmes dans le sport mais aussi autour du sport », raconte Amina Tounkara. Un autre objectif pour Hand’Joy est d’être acteur pour les Jeux olympiques de 2024, à Paris. « C’est un événement mondial et unique, je pense qu’il y a quelque chose à faire. Il faut saisir la chance », assure la fondatrice de l’association.

⏩ À écouter aussi : 10 jeunes femmes d’Ile-de-France témoignent du sexisme dans le sport

Des actions au-delà du sport

Hand’Joy est déjà soutenue par beaucoup : « Le président de mon club m’aide beaucoup dans la construction de l’association et son développement », confie la jeune femme, « mes anciens professeurs, mes coéquipières, mes proches me proposent tous de m’aider. J’ai même reçu le soutien de la vice-présidente de la FFH, Béatrice Barbusse. C’est inestimable comme soutien ». Pour l’instant, la gardienne de Noisy-le-Grand jongle entre son master, son alternance et Hand’Joy.

 

Le moteur du projet d’Amina Tounkara est d’éduquer grâce au sport et favoriser l’inclusion sociale par le sport. C’est un projet rare, porteur d’un message fort qu’elle décrit le mieux : « Hand’Joy c’est pour montrer qu’il ne faut pas s’arrêter sur les préjugés. C’est plus difficile de réussir quand tu viens d’un quartier populaire, forcément. En le voyant comme une force, la réussite est encore plus belle et valorisante ».

Crédit photo : Noisy-le-Grand Handball

⏩ À lire aussi : Alicia Toublanc : « Je savoure la médaille d’argent, on est vice-championnes du monde quand même ! »

 

Audrey Leroux
02.05.2022

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ?
Proposez une correction à notre rédaction.