Alexandre Léauté, porte-drapeau de la France lors la clotûre des Jeux paralympiques de Tokyo.
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Jeux paralympiques : seize médailles féminines et un message

Xavier Regnier
05.09.2021

Les Jeux paralympiques de Tokyo ferment leurs portes. Marie Patouillet a ouvert le compteur de médailles de l’équipe de France, Faustine Noël l’a refermé avec Lucas Mazur. Au total, les 38 Françaises engagées ont rapporté 16 des 54 médailles tricolores. Bilan. 

C’est vrai, comparé au programme intense des Jeux olympiques, la présence des Françaises aux Jeux paralympiques a paru bien maigre. Trente-huit athlètes sur dix jours, soit à peine quatre en piste chaque jour en moyenne. Et avec les sept heures de décalage par rapport au Japon, c’était presque un miracle d’assister en direct à la performance d’une Française. Il y a pourtant de quoi se satisfaire du bilan. Avec treize podiums féminins et trois mixtes, la proportion d’athlètes paralympiques françaises médaillées est supérieure à celle des JO.

Aucune championne paralympique

Voilà pour les chiffres. Un dernier tout de même, significatif : zéro. La France ne compte aucune championne paralympique à Tokyo. C’est une petite déception, tant l’or était l’objectif affiché par certaines, comme Sandrine Martinet, argent amer, et Laure Schiel, repartie les mains vides. En badminton, Faustine Noël a sûrement butté sur un calendrier resserré, luttant sur trois tableaux en quatre jours, avant l’argent du mixte. Marie-Amélie Le Fur et Nélia Barbosa n’ont en revanche pas de regret à avoir, tant l’or était hors d’atteinte. L’adversaire de la sauteuse a établi un record du monde, la championne paralympique en canoë a mis tout le monde à deux secondes.

Les femmes ont surtout participé à l’avalanche de bronze sur la délégation française. Thu Kamkasomphou et Anne Barnéoud, associées en double du tennis de table, ont ramené quatre médailles. Marie Patouillet était aussi en vue, ouvrant le compteur tricolore. Enfin, Mandy François-Elie tire sa révérence sur une bonne note. Bien sûr, on compte encore beaucoup de quatrièmes places, Claire Supiot a trop buté sur les séries en natation et Gloria Agblemagnon visait un podium. Comme aux Jeux olympiques, tout le monde ne gagne pas, et il faut des médailles manquées pour en avoir des inattendues.

Pas si différents

Mais les Jeux paralympiques ne servent pas qu’à honorer les meilleur·e·s sportif·ve·s. Ils sont surtout une occasion unique de mettre la lumière sur les 15 % de la population mondiale en situation de handicap. Cela représente, à titre d’exemple, 12 millions de Français·e·s, qui occupent 1 % du temps d’antenne le reste de l’année, selon le CSA. On a, parfois à raison, critiqué les Jeux paralympiques pour leur abondance de catégories de handicap, pas toujours logiques et déséquilibrées à nos yeux. C’est en réalité le meilleur argument pour souligner que chaque handicap est différent. Et qu’en cela, chaque personne en situation de handicap est comme tout le monde : unique.

Le relais universel en a été la plus belle illustration. Cette course, qui mélange genres et catégories de handicap, a justement aboli ces frontières pendant 400m. L’idée de ces Jeux est de progresser vers une société plus inclusive. Un autre signal a été lancé depuis quelques mois par Paris 2024, en adoptant le même logo pour les Jeux olympiques et paralympiques. Au-delà des infrastructures et du nombre de participant·e·s, aura-t-on aussi, enfin, une couverture médiatique égale ?

Car malgré les 100 heures de direct de France Télévisions, la différence de moyens a été flagrante, avec notamment un cruel manque de résumés et d’informations. L’Équipe, de son côté, continue sur sa lancée du dernier dimanche des Jeux olympiques, où le journal avait préféré faire sa Une sur Messi plutôt que sur les handballeuses. Il ne s’agit pas de jeter la pierre ; les logiques économiques des médias et la difficulté à couvrir l’évènement sur place expliquent en partie ces carences. Mais cela contribue à maintenir un fossé entre Jeux olympiques et paralympiques, qui devront être fêtés de la même façon en 2024.

Crédit photo : France paralympique

Xavier Regnier
05.09.2021
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