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Aude Cassagne : « Ce qui m’angoisse, c’est de décevoir les gens »

Ambre Tarin
15.08.2023

Attendue car tenante du titre, Aude Cassagne a répondu présente lors des championnats du monde de BMX flatland qui se tenaient à Glasgow. La Française s’est imposée pour la deuxième fois après son titre en 2022 à Abou Dabi. En réflexion sur la suite de sa carrière, elle revient sur le stress et la peur de décevoir quand elle entre en compétition.

Les Sportives : Comment ça va depuis cette victoire à Glasgow  ? 

Aude Cassagne : Ça va bien. L’excitation retombe progressivement. J’ai enfin mon vélo remonté, ce qui est une bonne chose. Il a enfin repris une forme humaine après le retour en France (rires).

Ce deuxième titre est-il différent du premier ? 

Carrément ! La première fois, je venais de reprendre le vélo, donc je m’étais mis ce challenge des mondiaux. Je pense que j’arrivais avec beaucoup moins de pression. Je n’avais rien à perdre. Cette année, c’était un peu plus compliqué. On m’attendait au tournant. Je suis quelqu’un qui n’aime pas trop la compétition. Ça a tendance à me paralyser. Mais là, je suis quand même super contente du résultat !

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Justement, vous avez tout de suite déclaré après votre run que la compétition vous générait beaucoup de stress…

Le BMX flatland est un petit milieu, ce qui aide pour la gestion du stress. Les attentes sont moindres, médiatiquement nous ne sommes pas les plus sollicités. Mais ça reste de la compétition et il faut réussir à se mettre dans sa bulle. C’est ce que j’aime dans cette discipline, ces moments où on se retrouve hors du temps, concentré sur ce que l’on fait. Mais je crois que ce qui m’angoisse le plus, c’est de décevoir les gens. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. Cette année, tout le monde s’attendait à ce que je défende mon titre. 

Vous saviez que le flatland et votre passage étaient diffusés sur une chaîne publique non cryptée ? 

Non et heureusement ! Ça m’aurait encore plus stressé je crois (rires). Mais je pense que cette gestion de la pression, c’est surtout une question de caractère. Quand je vois comment Mathias (Dandois, nonuple champion du monde flat, 3ᵉ à Glasgow cette année, NDLR) gère la pression, c’est totalement différent. Lui se sert du public, ça l’aide à performer.

Faites-vous un travail de préparation mentale pour vous aider sur ce sujet ? 

Lors des mondiaux à Abou Dabi l’an passé, nous étions tous réunis avec les disciplines olympiques du BMX (BMX race et freestyle NDLR). Nous avons donc bénéficié de leur staff et de tout ce qui était mis à disposition dont la préparation mentale. Clairement, j’ai vu la différence par rapport aux autres compétitions ! Avant la compétition, tu es opérationnelle, tu sens moins le stress. Désormais j’essaie de retrouver un peu tout cela avec une petite routine avant mon run, mais bien sûr toute seule, ce n’est pas comme avec des professionnels de la prépa mentale. Nous avions médité aussi et depuis je médite régulièrement. Ce sont des choses qui m’aident et auxquelles je suis assez réceptive.

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Aimeriez-vous voir votre discipline aux Jeux olympiques un jour ? 

Je pense que ce pourrait être une très belle opportunité pour que les jeunes pratiquants du flatland se professionnalisent. Pour moi, c’est trop tard, je suis trop vieille maintenant (rires), mais cela leur permettrait d’avoir un vrai statut de sportif de haut-niveau, et pourquoi pas en tirer des revenus et que ça leur permette de s’entraîner dans de superbes conditions. Aujourd’hui, hormis Mathias qui a su développer son projet et son image, pas grand monde ne vit du flat.

Comment s’annonce la suite pour vous ? 

Je viens de gagner ce titre un peu malgré moi, les gens attendaient de moi que je participe à Glasgow, mais j’ai pris moins de plaisir lors de cette compétition. Pour le moment, je suis dans l’optique d’arrêter. J’aspire juste à rouler pour moi, pour prendre du plaisir avant tout.

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Propos d’Aude Cassagne recueillis par Ambre Tarin

Crédit photo : FFC

Ambre Tarin
15.08.2023

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