À la rencontre des sportives

Racing Club de France Football : la mixité en devenir !

Claire Smagghe
29.05.2019

Le Racing Club de France (RCF) à Colombes n’a rien d’un club fraîchement né. Créé en 1882, le football ne semble plus avoir de secret pour lui. Comme beaucoup de clubs de football, il a laissé les féminines sur la touche pendant longtemps. Son histoire était pourtant écrite à l’avance. Le stade Olympique Yves-du-Manoir qui a abrité les Jeux Olympique de 1924 accueille désormais le club de football. Eric Jitiaux, éducateur sportif au sein du club depuis la saison dernière, compte bien mener la barque, pour remettre l’une des valeurs de l’olympisme au centre du jeu : la mixité.

L’objectif est grand mais les défis pour y parvenir sont nombreux pour le club. Le nombre de licenciées en donne la mesure. Si 1400 adhérents foulent toute l’année la pelouse olympique. Elles ne sont que 157 à avoir rejoint les bancs du RCF. Aucune femme n’a encore rejoint le comité directeur. Le nouveau pensionnaire du RCF est bien décidé à en découdre et à donner une place de choix aux femmes !

UN FOOTBALL À CONJUGUER AU FÉMININ

C’est tout le football qui est à repenser : le lieu de pratique, l’encadrement mais aussi la manière d’amener le football et les méthodes d’apprentissage. Pour le défenseur de la mixité, l’évolution de l’encadrement est très positif chez les féminines.  « Les éducatrices ont pris leur place au sein du club. C’est très important pour l’encadrement des plus jeunes et des adolescentes. Avec Dilma en binôme, cela me permet de comprendre certaines choses, certains comportements sur le terrain. En formation, on ne nous donne pas les clés pour comprendre le public féminin, c’est terrible. Alors, on incite aussi les mamans du club à se former grâce à la Fédération pour retransmettre aux plus jeunes à chaque instant », explique Éric.

L’OBJECTIF DU HAUT-NIVEAU

L’éducateur rêve d’une équipe professionnelle qui puisse donner l’exemple aux plus jeunes et susciter des vocations. Mais le football au féminin souffre de ses réalités. « Les filles ne s’attendent pas forcément à autant d’exigence car elle n’ont pas toujours d’exemple pour leur montrer le chemin. La difficulté c’est de montrer que c’est nécessaire et normal pour arriver au haut nouveau. A l’entrainement, elles portent plus le tee-shirt de Killian Mbappé que d’Eugénie Le Sommer. Elles manquent de modèle à qui elles peuvent s’identifier ». Le club a bien conscience que le football ne suffit pas et que l’accompagnement vers le haut niveau c’est aussi celui vers un après. Le club a lancé le programme « un sport, un métier » qui lie le football à la découverte des métiers de l’artisanat. « On a des joueuses qui veulent atteindre le haut niveau mais on n’a pas les infrastructures nécessaires. On veut les accompagner dans tous les domaines, surtout si elles ne parviennent pas à atteindre le haut niveau », spécifie l’éducateur. Au Racing Club de France, chaque action, chaque geste compte !

Claire Smagghe
29.05.2019

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