À la rencontre des sportives

Portrait [7/11] : Betty Charlier, présidente de la FFST

Claire Smagghe
16.12.2019

Si les récents évènements de sport au féminin, notamment la Coupe du Monde de football, ont permis de mettre en exergue la tendance à une meilleure visibilité des sportives de haut-niveau, la féminisation des instances fédérales n’en reste pas moins délaissée. L’accès aux postes à responsabilité reste une problématique latente et cristallisée. Avec seulement 11 femmes présidentes de fédération sportives dont une seule dirigeant d’un sport olympique, le mouvement sportif reste dominé en grande majorité par les hommes. Découvrez les portraits de ces 11 femmes qui militent au quotidien pour la parité dans le sport. 

Aujourd’hui nous rencontrons Betty Charlier, présidente de la Fédération Française Sports pour Tous. 

Pourriez-vous retracer depuis combien de temps vous êtes présidente ?

En 1992, j’ai été élue présidente du Comité Départemental Sports pour Tous des Ardennes (08). J’ai ensuite été présidente du Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) des Ardennes en 1998. J’étais une des rares présidentes, nous devions être 2 ou 3 en France. En 2005, j’ai été élue présidente du Comité Régional Sports pour Tous Champagne Ardenne puis présidente de la Fédération Française Sports pour Tous en 2017.

Avez-vous toujours eu un parcours de femme engagée et à responsabilités ?

Dès 1987, à 27 ans, j’ai été élue secrétaire générale du Comité Départemental 08 au sein de la Fédération Française Sports pour Tous qui s’appelait à l’époque EPMM, et en même temps j’étais animatrice bénévole dans les Ardennes. C’est de manière naturelle que je donne du temps pour les autres et certaines causes qui me tiennent à cœur.  Dans ma vie professionnelle, j’ai été également secrétaire générale d’une association nationale pendant une trentaine d’années.

Quelles sont les actions marquantes de ces dernières années/mois en tant que présidente de votre fédération ?

L’accompagnement de nos structures déconcentrées et une notoriété accrue, notamment avec plus de visibilité dans les médias.

Que pensez-vous de la structuration actuelle du sport français?  

Je crains le désengagement de l’Etat au profit d’une vision économique uniquement à court terme.  Notre Fédération, ses élus et ses équipes de techniciens,  se sont engagés pour rendre le sport accessible au plus grand nombre, notamment à ceux qui en sont le plus éloignés. Nous vivons actuellement une évolution des pratiques, plus autonomes avec les technologies modernes mais une moitié des Français non pratiquants restent à motiver et c’est notre combat de les convaincre des bienfaits de la pratique régulière et pérenne. Nous œuvrons pour adapter notre structuration à ce nouvel environnement qui nécessite d’autres modèles économiques que ceux traditionnellement en vigueur dans le milieu associatif sportif.  

Que vous inspire cette phrase « Là où tant d’hommes ont échoué, une femme peut réussir. »? 

Au sein de notre fédération, ces questions sexistes ne sont pas soulevées. Dans mon parcours fédéral, je n’ai pas été confrontée à des comportements ou jugements liés au genre.

Claire Smagghe
16.12.2019

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