À la rencontre des sportives

Lucie De Gennes, cap sur l’Olympe

Marie Thimonnier
02.05.2023

Quatrième place mondiale chez les seniors, champions du monde et d’Europe jeunes, Lucie de Gennes, 22 ans, en duo mixte 470 avec Matisse Pacaud, a réalisé une saison dernière remarquable. Ces performances en tête, le binôme met le cap sur les Jeux olympiques de Paris 2024.  

C’est une entrée fracassante dans la cour des grands. À Stod Yam en Israël, le 29 octobre 2022, Lucie De Gennes et Matisse Pacaud s’offrent une quatrième place à la symbolique d’or, lors de la Coupe du monde seniors mixte de 470 (du nom du dériveur sur lequel ils évoluent en duo). Si la marche semblait haute pour le jeune binôme, qui remportait deux mois auparavant, sur le lac de Balaton en Hongrie, le titre de champions du monde espoir, ils n’avaient rien à perdre et tout à gagner. Les pensionnaires du pôle France de Marseille ont occupé le podium plusieurs jours, avec une 3e puis une 2e place, avant de conclure sur une belle 4e place, juste derrière le duo Camille Lecointre et Jérémie Mion (anciens champions du monde et médaillés olympiques à eux deux), révélant au grand jour un duo prometteur et plein d’ambition. 

Un nouveau statut

« Quand on a commencé la saison, on connaissait nos chances, nos capacités, se souvient Lucie de Gennes. Mais c’était impossible de penser qu’elle serait aussi belle. » Alors que la nouvelle saison vient de commencer pour le duo, la navigatrice observe du changement : « On n’est plus les petits jeunes qui font de la figuration sur une Coupe du monde. Sur la ligne de départ, il y a moins de gens autour de nous, ils savent qu’on maîtrise, qu’on peut aller chercher des podiums. On a acquis une reconnaissance extérieure de nos concurrents. »

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Lucie De Gennes, championne du monde et d’Europe junior en équipage mixte 470 est une athlète de la FDJ Sport Factory. ©KMSP

Du lac Léman à Marseille

Lucie de Gennes s’essaie à la voile à l’âge de 12 ans, sur le Lac Léman en Suisse. « Mon père adorait la voile, on partait souvent en vacances en bateau, se souvient l’athlète de la FDJ Sport Factory, qui a longtemps hésité entre la voile et le ski, qu’elle adore pratiquer. Quand j’ai commencé à naviguer en club, j’ai vite pris goût à la compétition. » Lorsqu’elle se pose la question de continuer sa passion après le lycée, elle entend parler du projet de Matisse Pacaud, avec qui elle s’entraînait en laser à Cannes, de monter un équipage en 470 mixte. « Matisse m’a proposé de faire des essais, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais. C’était génial ! » Un essai à La Rochelle, puis un stage de détection avec la Fédération française de voile, suivront. Le binôme intègre finalement le pôle France de Marseille. L’aventure est lancée. 

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Lucie De Gennes, une progression rapide

« En 470, l’avantage c’est qu’on a eu accès très vite au circuit international, donc très tôt aux meilleurs navigateurs, explique la championne du monde et d’Europe jeune. Ça nous a fait progresser rapidement. » Cela fait quatre ans maintenant que le duo navigue ensemble et franchit les étapes à vitesse grand V. Les compétitions et les titres s’enchaînent. Au fil de l’eau, les deux athlètes ont construit une véritable amitié. 

« Le plaisir de naviguer au quotidien avec un ami nous pousse vers le haut, observe-t-elle. On s’est tout de suite bien entendu. Maintenant, nos entraînements comme nos compétitions sont basés sur cette amitié. On est un duo très soudé. »

Cap sur les Jeux

Après une saison dernière plus que réussie, le duo met le cap sur les Jeux olympiques. À Paris en 2024 – comprenez ici Marseille, car les épreuves de voile se concentreront sur les bords de la cité phocéenne –, seuls les équipages mixtes pourront participer en 470. Une nouveauté par rapport à Tokyo 2021, où hommes et femmes concouraient dans deux épreuves distinctes. « Ça permet de redistribuer les cartes et la hiérarchie préétablie au niveau national et international, analyse Lucie De Gennes. Même si la voile reste un sport d’expérience, cela laisse la place aux plus jeunes de faire leurs preuves, car tous les duos se sont formés plus ou moins tardivement. » Si les Jeux olympiques étaient déjà dans leur esprit lorsqu’ils ont formé leur binôme, leurs récentes performances en junior et en senior les confortent dans leur objectif. Les équipages mixtes pourront participer en 470.

Une saison les sépare de l’événement mondial, avec en tête, les sélections olympiques au bout de la traversée. « On est un peu les petits jeunes sur l’eau, donc on ne veut pas se mettre trop la pression », précise la navigatrice. Les deux navigateurs sont idéalement situés à Marseille, où ils s’entraînent aux côtés des meilleurs équipages internationaux, pour progresser au mieux. « On prend les compétitions les unes après les autres. L’objectif, c’est de naviguer au mieux et de faire les meilleurs résultats possible. On continue de croire en nos chances. »

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Marie Thimonnier
02.05.2023

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