À la rencontre des sportives

Le Women’s World Tour, une révolution pour les féminines dans le cyclisme

Mejdaline Mhiri
18.02.2020

Un nouveau circuit international a été créé à l’automne pour les cyclistes féminines. Cette évolution  participe à la structuration de chaque formation, aux quatre coins du globe.

Ces derniers mois, une véritable révolution s’est opérée dans le cyclisme. Une étape supplémentaire a été franchie quant à la professionnalisation des féminines. : « L’Union cycliste Internationale (UCI) a mis en place une réforme :  Avec quarante jours de courses sur la centaine du calendrier international, détaille Stephen Delcourt, manager de l’équipe FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope, nous étions une vingtaine d’équipes à postuler et nous avons su en octobre que nous étions retenus. Huit équipes ont été sélectionnées pour cette première saison. Nous serons douze en 2021 puis quinze en 2022. »

Salaire minimum et congé maternité

Un circuit  au plus haut niveau pour permettre aux coéquipières  de Jade Wiel de briller au grand jour. Pour assurer un maximum de qualité et de compétitivité, l’UCI a imposé  un cahier des charges drastique pour obtenir la licence Women’s World Tour  . « Désormais, nos treize coureuses ont toutes un statut professionnel, elles ont un salaire minimum avec des cotisations pour assurer un congé maternité et la retraite.

« On était capable d’être dans le top 10 mais pas de gagner une course »

Il fallait également avoir un nombre de salariés minimal dans l’encadrement administratif et médical.  » se réjouit Stephen Delcourt. Véritable cas d’école, les financeurs ont dû s’engager pour quatre années fermes dans ce projet. « C’est très rare dans le sport, analyse le manager. J’ai senti que l’on avait des partenaires qui nous soutenaient à 200 %. Ils ont vraiment envie que l’on soit au top mais aussi  participer à plus d’égalité dans le sport et en particulier dans le cyclisme. Notre budget s’élève aujourd’hui à un million d’euros. Nous avons dû prouver que nous serons capables d’atteindre les 1,9 millions d’euros de budget d’ici 2023. »

La FDJ Nouvelle-Aquitaine – Futuroscope est définitivement considérée parmi le ghota mondial.« Avant de rejoindre le Women’s World Tour, on était plutôt une équipe de seconde zone qui formait des jeunes, se souvient le manager . On était capable d’être dans le top 10 mais pas de gagner une course. Maintenant, on doit pouvoir le faire. Pour cela, il nous fallait une star. »

Une star pour briller

C’est dans ce sens que la Danoise Cecillie Uttrup Ludwig a été recrutée à l’automne. « Ça faisait longtemps qu’on était sur ce recrutement, poursuit Stephen Delcourt. J’avais des contactsquasiment hebdomadaires avec elle mais tout le monde la voulait dans sa formation. Cecillie savait que l’on postulait au Women’s World Tour. Avoir été sélectionné nous a donné beaucoup de crédibilité. On veut lui permettre de passer un cap, parce que si elle y arrive, l’équipe sera tirée vers le haut. On s’emploiera aussi à ce qu’elle arrive en forme aux Jeux Olympiques de 2020, même si elle ne portera pas notre maillot.»

 Sur le circuit de courses organisées en Australie au mois de février, l’équipe a remporté une première victoire sur la Race Torquay avec une de ses nouvelles recrues, l’australienne Brodie Chapman. « Avec la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope, on entame notre quinzième saison. C’est la première fois que je recrute exactement les athlètes que je veux, savoure le manager. Nous avons une équipe très offensive pour les courses vallonnées. Peut-être qu’on sera un peu moins performants pour les classiques et les sprints. Mais c’est un choix. Le 7 mars, nous participerons à la Strade Bianche (en Italie). Je sais déjà que je vais me casser la tête pour choisir les six femmes qui seront alignées. Huit d’entre elles ont le potentiel pour intégrer le top 10. C’est la première saison où l’on a des problèmes de riche… »

 

 

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* Traduction FR : by = par

 

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive
et faire évoluer les mentalités. Et cela passe aussi par les encadrants.
#SportPourEllesFDJ
Mejdaline Mhiri
18.02.2020