À la rencontre des sportives

Graines de Footballeuses, l’association qui veut construire le football de demain

Lucas Robert
05.06.2021

L’association Graines de Footballeuses permet aux jeunes filles de s’affirmer dans le monde du football. Elle les concerne et les intègre dans l’univers du ballon rond. Créée en novembre 2020 par Pauline Le Mouellic, la structure s’inspire de son expérience d’ancienne joueuse afin de donner plus d’importance aux femmes dans le football, dès le plus jeune âge. La structure, basée rue de Clignancourt dans le 18ème arrondissement de Paris, intervient surtout en région parisienne mais compte bien se développer sur le territoire national. Rencontre.

Pauline Le Mouellic, 25 ans, est la fondatrice et présidente de l’association. Avec Graines de Footballeuses, elle veut changer les stéréotypes et les idées reçues sur le football. La crise sanitaire n’a pas mis en berne l’association qui a su se développer, dans ce contexte, grâce à différentes activités innovantes et à la participation de plus de 60 clubs. Au moins 200 jeunes filles ont déjà participé à une activité physique, 1500 ont assisté aux temps d’échanges virtuels. Des chiffres qui pourraient considérablement augmenter à l’avenir.

Babyfoot, se projeter sur l’avenir

©Pauline Le Mouellic

Débuter très jeunes. C’est la stratégie de Graines de Footballeuse. Le projet babyfoot s’inscrit dans cette perspective. « À 4 ans, on leur met un ballon dans les pieds, afin de démocratiser la pratique. On considère que les barrières viennent dès le plus jeune âge, pour les surmonter on leur montre que c’est un sport fait pour elles et qu’il n’y a pas de différences avec les garçons », explique la fondatrice. L’équipe de quatre bénévoles accompagne alors psychologiquement et techniquement ces jeunes pouces pour qu’elles puissent prendre confiance en elles. Avec des ateliers physique et culturel, une initiation à la pratique du ballon rond mais également un renforcement de la connaissance du foot et du sport en général. « Ces actions permettront à certaines de penser leur avenir dans le foot, ou tout simplement d’en faire leur passion, au même titre que les garçons », complète Pauline Le Mouellic. Les échanges intergénérationnels permettent également cette projection et d’anticiper les décrochages fréquents à l’adolescence, quand la question de la mixité devient prégnante. 

Construire la société de demain

Défenseuse des droits des femmes dans l’univers du ballon rond, Pauline Le Mouellic a aussi conçu ce projet pour rendre ce sport plus équitable entre les femmes et les hommes. Sans pour autant exclure les garçons, elle souhaite progressivement les intégrer avec les jeunes filles et les familiariser à la mixité.
« C’est main dans la main qu’on doit avancer. On ne souhaite pas voir les garçons d’un côté et les filles de l’autre, on veut progresser ensemble. »
En intervenant en milieu scolaire et en échangeant directement avec les écolières, l’association veut attirer les plus éloignées de la pratique sportive. « C’est en racontant des belles histoires aux jeunes filles par exemple, qu’on leur permet de se faire une idée de ce sport et de prendre envie à leur tour de faire des matchs. Qu’elles puissent se saisir du ballon, prendre de la place dans les cours de récré, et même pourquoi pas, s’inscrire dans un club. » L’association organise des évènements et des échanges inter-clubs. Si Graines de Footballeuse a pour vocation de préparer les jeunes talents à s’inscrire dans un parcours footballistique, elles n’ont pas la prétention d’être un club sportif mais plutôt d’être un médiateur pour qu’elles puissent ensuite les rejoindre et s’y sentir à l’aise. Après leurs actions, « c’est au tour de ces clubs de les accueillir, ils ont ici un rôle important, ce sont eux qui vont ensuite prendre le relais. » Les filles vont alors décider ou non de prendre une licence ou de s’engager en compétition. Graines de footballeuses souffle un vent de mixité dans les clubs.
 
Propos recueillis par Lucas Robert
Lucas Robert
05.06.2021
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