Gloria Agblemagnon début ses Jeux Paralympiques de Tokyo
À la rencontre des sportives

Gloria Agblemagnon, le poids de l’or

Tiffany Henne
25.08.2021

Gloria Agblemagnon fait des rêves en or. La lanceuse de poids espère s’adjuger le titre paralympique aux Jeux de Tokyo. La Française, 11ème à Rio dans la catégorie T20, réservée aux déficiences intellectuelles, a travaillé intensément pendant cinq ans, en parallèle de son bac, pour atteindre son objectif.

Avant de partir, Gloria Agblemagnon n’a surtout pas oublié d’amener Beyoncé à Tokyo. La chanteuse étasunienne n’a évidemment pas fait le voyage au Japon aux côtés de la jeune Française. L’artiste figure dans la playlist musicale de la lanceuse de poids qui aime l’écouter pendant ses entraînements. L’athlète a aussi pensé à prendre de quoi regarder ses séries Marvel et une photo de sa famille en guise de porte-bonheur. Bien accompagnée, la Saranaise, également pensionnaire du CREPS de Reims où se trouve le pôle France para athlétisme adapté, a rejoint la capitale nippone avec un rêve en tête : en revenir avec une médaille d’or autour du cou. « C’est ma deuxième participation à des Jeux paralympiques. À Rio, j’avais terminé à la 11e place. Au Brésil, c’était pour découvrir les Jeux en vue de ceux de Tokyo. Je savais que je ne pouvais pas faire de médaille », se remémore-t-elle. Après cinq ans de travail acharné, Gloria Agblemagnon compte bien poursuivre son objectif jusqu’au bout : battre son propre record, établi à 13 mètres 90, avec un lancer à 14 mètres, s’adjuger le titre et monter sur la plus haute marche du podium.

Des problèmes de compréhension et de concentration

Soutenue par FDJ depuis bientôt 2 ans, la Française de 23 ans concourt dans la catégorie T20, réservée aux déficient·e·s intellectuel·le·s, aux Jeux paralympiques. « Nous ce n’est pas physique, c’est mental. Moi, je rencontre des difficultés à comprendre certaines choses, des consignes par exemple. Pendant mon bac, j’ai dû avoir beaucoup d’aide car j’ai du mal à me concentrer », explique la sportive de haut niveau. Pour entrer dans cette catégorie, la jeune femme a dû passer des tests prouvant que son quotient intellectuel était inférieur à 70, avec une limitation importante du comportement adaptatif – le tout doit avoir été détecté avant l’âge de 18 ans. Après s’être essayée au tennis, à l’équitation et au basket, sans réelle passion, Gloria Agblemagnon a découvert l’athlétisme au Sport Adapté à l’âge de 14 ans, grâce à Maxime Bauchet, son coach. L’athlète, issue d’une famille de sportif·ve·s, s’est d’abord mise au lancer du javelot puis au lancer du disque et celui du marteau, pendant longtemps sa discipline préférée. Elle s’est ensuite tournée vers le lancer du poids, seule catégorie de lancers représentée aux Jeux paralympiques pour sa catégorie. « C’est pareil pour la course, où il n’y a que le 400 m et le 1500 m en demi-fond. On a aussi le saut en longueur pour le Sport Adapté qui est assez récent aux Jeux paralympiques [1]. Ce serait génial si on pouvait ajouter d’autres épreuves. Par exemple, j’ai une coéquipière, Béatrice Aoustin, qui détient un record du monde à 50 m au lancer du marteau. Il y a d’autres concurrents dans différents pays qui réalisent des performances incroyables donc c’est dommage de ne pas les voir aux Jeux », déplore-t-elle. Si d’autres épreuves étaient ouvertes, elle se relancerait d’ailleurs au lancer du disque et au lancer du marteau.

Le lancer la libère d’un poids

La Française ne renierait pas pour autant le lancer du poids, son exutoire quotidien. « Cela me permet d’évacuer le stress accumulé, ça me libère de ma journée et je rentre chez moi apaisée. C’est une source de libération. Si j’ai passé une mauvaise journée, il faut que j’aille lancer sinon ça ne va pas », confie-t-elle. Cette dernière année avant les Jeux paralympiques a été très chargée. Gloria Agblemagnon a parfois dû manquer des cours pour participer à des entraînements et vice-versa. Beaucoup de pression à supporter. Mais la lycéenne s’en est parfaitement sortie, à sa grande surprise, en décrochant son bac commerce métier de la mode, passé en quatre ans au lieu de deux. L’aspirante styliste a ensuite mis sa carrière extra-sportive en pause jusqu’à mars prochain, date à laquelle elle devrait débuter une formation à Paris. Pour conclure son année en beauté, l’athlète, inspirée par les parcours d’Alexandra Tavernier, également athlète de la FDJ Sport Factory, et de Mélina Robert-Michon, lancera pour l’or le 29 août dès 12h, heure française.

[1] Le Sport Adapté était présent aux Jeux paralympiques depuis 1996, mais en 2000, suite à la tricherie d’une équipe espagnole de basketball, il est sorti des Jeux. Il a été réintégré lors des Jeux de Londres en 2012 après que des tests plus sérieux et plus stricts aient été organisés pour éviter toute tricherie pour tou·te·s les sportif·ve·s déficient·e·s intellectuel·le·s.

 

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive et faire évoluer les mentalités. Et cela passe aussi par les encadrants.
Tiffany Henne
25.08.2021
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