Evita Muzic
À la rencontre des sportives

Evita Muzic : « Je suis dans des conditions idéales pour progresser sereinement »

Mejdaline Mhiri
25.02.2021

Evita Muzic a quasiment su pédaler avant de marcher. Passionnée de cyclisme depuis toujours, la sportive a débuté les compétitions dès ses cinq ans. Membre des équipes de France cadette et junior, la Franc-Comtoise brille aujourd’hui avec la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope.

Sitôt arrivée dans la cour des grandes, Evita Muzic a fait parler son talent. En septembre dernier, l’athlète de 21 ans décrochait la première victoire sur le World Tour de l’histoire de la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope, soit le plus haut niveau international. Sur la neuvième étape du Giro, en Italie, l’unique formation féminine française de l’UCI World Tour est entrée dans une nouvelle ère. « Il y a eu une grosse échappée et on s’est retrouvées devant avec Brodie (NDLR Chapman, sa coéquipière australienne), se souvient Evita Muzic. Je me sentais bien, je lui ai dit. Comme l’arrivée était en haut d’un mini col et que j’ai un profil de grimpeuse, Brodie a testé nos adversaires en accélérant et en rendant la course plus difficile. »

Dans l’avant-dernier tour de la course, la Jurassienne a senti le vent tourner en sa faveur. « Brodie a fait le nécessaire pour que l’on gagne. Elle s’est vraiment sacrifiée. Cela m’a poussée. Je n’avais plus le choix, il fallait récompenser son travail. »

« Vivre de ma passion, cela a toujours été mon rêve. C’est désormais possible. »

Donner les moyens aux jeunes femmes de performer

Former des sportives pour permettre aux meilleures françaises d’atteindre les sommets, c’est là toute la volonté de la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope. La formation basée dans la Vienne, et le cyclisme au féminin en général, sont en pleine mutation. « Malgré mon jeune âge, je suis ce sport depuis toute petite et je vois bien que tout s’accélère, partage Evita Muzic, élevée dans une famille mordue de vélo. Quand je suis arrivée dans l’équipe il y a deux ans, nous n’avions pas le statut professionnel. Vivre de ma passion, cela a toujours été mon rêve. C’est désormais possible. »

En prolongeant de deux saisons supplémentaires en novembre, Evita Muzic confirme son attachement au collectif. « Je suis dans des conditions idéales pour progresser sereinement, je n’ai pas d’obligation de résultat, confie-t-elle. Je suis là pour aider les leaders et me donner à fond comme coéquipière. En même temps, Stephen Delcourt (NDLR le manager général) et le staff me font confiance. Ils savent que j’ai une bonne capacité de récupération sur les courses d’étapes et qu’ils peuvent compter sur moi pour en faire plus. »

Evita Muzic

Crédit photo : Thomas Maheux

Apprendre au contact des coéquipières étrangères

La cycliste, qui réside actuellement à Grenoble, profite de cet entourage bienveillant pour apprendre. « Actuellement, mon point fort, ce sont les bosses. Je dois être dans les vingt premières mondiales mais je ne suis pas encore capable de battre les six ou sept premières. Je vais prendre de la caisse, de la puissance pour jouer la gagne. Les courses sur le plat et le contre-la-montre sont mes points faibles. »

Avec Jade Wiel, Marie Le Net et les autres jeunes du groupe, Evita Muzic apprend au contact des étrangères plus expérimentées, comme la Suédoise Emilia Fahlin. « Elles nous conseillent par exemple sur les tactiques, la nutrition. Ça permet d’apprendre encore plus vite ! »

Propos recueillis par Mejdaline Mhiri

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive
et faire évoluer les mentalités. Et cela passe aussi par les encadrants.

 

Mejdaline Mhiri
25.02.2021
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