À la rencontre des sportives

Carine Galli : « J’ai tout fait pour ne pas quitter les rédactions dans lesquelles je mettais les pieds »

Solène Anson
13.03.2021

Elle a participé dernièrement à l’émission « Les Reines du Shopping » sur M6, pour aider une association qui lutte contre la sclérose tubéreuse de Bourneville. En bord de terrain pour la couverture des matchs internationaux sur les chaînes du groupe M6, ou sur le plateau de la chaîne L’Équipe en plein débat, la journaliste sportive Carine Galli vit pleinement de sa passion. 

Petite et déjà dingue de football, la jeune femme originaire du Var était habitée par le jeu et les coulisses de ce milieu. Curieuse et déterminée, elle n’avait qu’une envie : décrypter, analyser, connaître les rouages d’une équipe, d’un sportif, en plus de l’actualité, qu’elle suit régulièrement à la télévision. « J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont soutenue, encouragée et poussée dans la réalisation de mes projets. Ils avaient envie que je m’épanouisse dans le domaine qui me passionnait. »

Et malgré les préjugés et les stéréotypes de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux, Carine Galli s’est toujours montrée indifférente face aux critiques et aux idées reçues sur le fait d’être une femme dans le milieu du sport. « Mon père n’a jamais prononcé des paroles sexistes ou déplacées, mais cela me paraît tellement évident que c’est l’inverse qui est choquant. J’ai été élevée avec un père qui ne pensait pas que la femme devait être en cuisine et que les hommes devaient remettre de l’essence dans la voiture. C’est tellement cliché, que c’est dramatique d’en être encore là. C’est dire à quel point certaines personnes sont dans l’ignorance et à quel point certaines personnes ont mal été éduquées. C’est un mal profond, constate-t-elle. Qu’une personne ne soit pas pertinente à tes yeux, très bien, mais en quoi la place d’une femme est à un endroit précis ? En quoi la place d’un homme est à un autre endroit ? C’est-à-dire que lorsqu’un homme n’est pas pertinent, il y a quelqu’un qui va lui dire retourne dans ton garage ou va déboucher des éviers ? C’est le degré zéro. »

Faire de sa passion, son métier

Toujours à la recherche de découvertes et de rencontres, la jeune femme n’avait qu’une seule idée en tête : faire de sa passion son métier en devenant journaliste. Après l’obtention de son baccalauréat, direction l’école de journalisme sportif l’IICP au sein de la capitale. Une formation basée notamment sur la pratique, permettant à Carine Galli de s’immerger dans le monde professionnel. « Le matin, nous étions en cours et l’après-midi, nous avions des exercices pratiques. Très souvent, nous étions en stage. Je rencontrais des professionnels du métier, ce qui me permettait d’apprendre à leurs côtés et de me construire un réseau. J’ai tout fait pour ne pas quitter les rédactions dans lesquelles je mettais les pieds », affirme Carine. À la suite de son expérience d’une année en Australie, la jeune femme travaille dans un premier temps pour les rédactions de RMC et d’Eurosport en tant que journaliste pigiste. Puis elle est embauchée à l’OM TV, Cfoot, BFM TV, le groupe M6, la chaîne L’Équipe et Eurosport, où elle suit le championnat de Ligue 2 et la Coupe de France. « J’ai découvert la beauté de la France avant de voyager dans le monde. Mon année à l’étranger s’est avérée être magique avec la découverte des cultures, des paysages et des personnes. C’est une ouverture vers quelque chose que l’on ne connaît pas », se souvient la journaliste.

« À l’époque, il y avait un côté vraiment accessible entre les journalistes et les joueurs, les entraîneurs ou bien les présidents. »

Une carrière évolutive

Des analyses, des résumés, des interventions et des interviews, Carine Galli communique facilement à l’écran et s’impose. Spontanée et toujours à l’écoute, la jeune femme garde de bons souvenirs de ses années où elle a couvert la Ligue 2 pour Eurosport. « J’avais une réelle proximité avec les acteurs du championnat. À l’époque, il y avait un côté vraiment accessible entre les journalistes et les joueurs, les entraîneurs ou bien les présidents. C’était une belle aventure. J’observais les joueurs de Ligue 2 et leurs réussites dans le milieu professionnel, ce qui me permettait d’avoir de vrais échanges et de vrais relations avec ces joueurs. Malheureusement, ces relations n’existent quasiment plus aujourd’hui ».

Carine avait du plaisir à suivre les progressions de joueurs comme Andy Delort, Romain Alessandrini, Florian Thauvin ou encore Clément Lenglet. C’était également le cas des entraîneurs Olivier Dall’Oglio, Stéphane Moulin, José Pasqualetti et Bernard Blaquart, dont elle adorait découvrir le travail formateur et passionnant. Du caractère, la journaliste en a. Et ne lui parlez surtout pas de différences de genres lorsqu’il s’agit de football. « J’ai eu tout au long de ma carrière des collègues qui ont décidé de me faire confiance, de me donner une opportunité et je souhaitais rendre la pareille. Je ne voulais pas les décevoir. Ils embauchent un ou une journaliste, peu importe que ce soit un homme ou une femme. L’idée, c’est qu’ils soient satisfaits de leur choix. Le travail et l’implication sont tout aussi importants. » À l’avenir, Carine Galli espère continuer à faire de grands entretiens, réaliser des séries de reportages autour du voyage mais également de sportifs originaires de contrées lointaines, et ainsi écrire un nouveau chapitre dans sa carrière professionnelle…

Propos recueillis par Solène Anson

Solène Anson
13.03.2021
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