Camille Abily : « Promouvoir la féminisation du football, c’est important »
À la rencontre des sportives

Camille Abily « Promouvoir la féminisation du football, c’est important »

Mejdaline Mhiri
25.03.2021

L’ex-internationale tricolore Camille Abily compte désormais parmi le staff des Fenottes. La marraine de « Buts pour Elles », une opération portée par FDJ qui participe financièrement au développement du football féminin, aborde sans détours l’évolution du jeu à onze.

Joueuse emblématique, Camille Abily fait partie des grands noms du ballon rond. Appelée à 183 reprises en équipe de France, la milieu offensif a évolué durant onze ans à l’Olympique Lyonnais, tout en s’offrant un intermède américain dans les clubs de Los Angeles et Santa Clara. Si Camille Abily a rangé les crampons en 2018, la native de Rennes ne s’est pas éloignée du rectangle vert pour autant. Elue co-présidente d’OL Fondation, elle commenta en juin 2019 la Coupe du Monde en France. Avant de devenir entraîneure-adjointe de Jean-Luc Vasseur, coach des Lyonnaises. Investie sur tous les terrains, la marraine de l’édition 2021 de « Buts pour Elles » se livre sur le développement du football au féminin et sur les raisons de son implication dans cette opération.

Les Sportives : Quel a été selon vous l’impact de la Coupe du Monde en France en juin 2019 ?

C.A : Cet événement était magnifique au niveau de l’impact médiatique, de la forte présence du public dans les stades. Mais je dirais qu’on n’a pas forcément su enchaîner. Je ne saurais pas dire pourquoi… À l’OL, nous avons des joueuses très médiatiques puisque beaucoup sont en équipe de France donc il y a toujours du monde pour les suivre. De nombreuses jeunes filles font des détections pour voir Wendie Renard. Mais si on regarde sur l’ensemble du championnat, je dirais que le succès n’a été qu’éphémère. C’est la même chose en handball ou en basketball où les féminines font de supers résultats, on les applaudit lors des compétitions et ensuite on ne les voit plus pendant des mois…

« Je discute avec beaucoup de clubs, pro ou amateurs, et je vois bien que les féminines passent souvent en dernier… »

Dans quel domaine trouvez-vous qu’il faille encore progresser ?

Il n’y a pas encore assez de femmes qui se lancent dans le coaching. Ma génération est en train de passer ses diplômes donc on devrait être de plus en plus nombreuses mais pour l’instant, en D1 Arkema, il y a seulement deux femmes sur un banc, au Stade de Reims et au Paris FC. Il y en a un peu plus quand on compte les adjointes. On se forme pour avoir plus tard des postes à responsabilités. Je me dis qu’avec les petites filles qui se mettent au foot en ce moment, on est sur la bonne voie. À la télévision, on entend des femmes commenter des matchs de garçons. Elles ont prouvé qu’elles avaient de la légitimité.

En quoi consiste l’opération « Buts pour Elles » ?

Depuis le 1ermars, tous les buts inscrits en Ligue 1 par l’OL et l’OM sont convertis en don de 500 euros pour promouvoir la féminisation du football. Tous les clubs amateurs qui ont un projet de développement de leur section féminine peuvent candidater. Un jury décidera ensuite d’attribuer une subvention à huit associations sportives

Pourquoi avoir accepté d’être marraine de cette opération ?

Je discute avec beaucoup de clubs, pro ou amateurs, et je vois bien que les féminines passent souvent en dernier… Les choses avancent quand même, mais pas assez vite. Et la Covid aggrave la situation. C’est la troisième année que je m’implique dans « Buts pour Elles » car ce type d’opération est très important pour le développement du football féminin et participe à le rendre plus visible.

Propos recueillis par Mejdaline Mhiri

Dans le cadre de son programme d’actions Sport Pour Elles, FDJ soutient et encourage les championnes, et agit pour donner envie à toutes les femmes de pratiquer une activité sportive
et faire évoluer les mentalités. Et cela passe aussi par les encadrants.
Mejdaline Mhiri
25.03.2021
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