L'équipe de Norvège de beach handball veut jouer en short plutôt qu'en bikini.
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La Norvège lutte contre le bikini obligatoire en beach handball

Xavier Regnier
20.07.2021

Lors du match pour la médaille de bronze aux championnats d’Europe de beach handball, les Norvégiennes ont troqué le bikini pour un short. Leur fédération s’expose à une amende de 1500 € pour non-respect du code vestimentaire obligatoire. Totalement sexiste pour les Scandinaves.

« C’est un peu chaud aujourd’hui à Varna », agrémenté d’un émoji flamme et de photos de joueuses polonaises en bikini. L’allusion sexuelle est à peine voilée dans ce tweet de la Maison européenne du handball. Rien de tel pour renforcer le malaise persistant depuis déjà plusieurs années dans certaines équipes féminines. En amont du championnat d’Europe de beach handball, organisé du 13 au 18 juillet à Varna (Bulgarie), les Norvégiennes avaient demandé à la Fédération européenne de handball (EHF) la permission de jouer en short cycliste, moulant et coupé au-dessus du genou, évoquant l’inconfort provoqué par le bikini, surtout en période de règles. Permission refusée et rappel au code vestimentaire officiel : « Les femmes doivent porter une brassière de sport moulante avec des ouvertures au niveau des bras. Le bas doit consister en un bikini qui ne doit pas faire plus de 10 cm sur les côtés. »

Dans un premier temps, cela n’a pas découragé les joueuses. « D’abord on nous a informé d’une amende de 50 euros par personne et par match, soit un total de 4 850 euros pour toute la compétition que nous étions prêtes à payer », indique la joueuse Katinka Haltvik au média norvégien national NRK. « Mais juste avant le match [le 15 juillet 2021], on nous a dit que nous serions disqualifiées à cause du short. On a dû se changer et porter un bas de bikini pour pouvoir jouer. »

Une amende de 1500 € pour avoir refusé le bikini

Finalement, les Norvégiennes sont passées à l’action lors du match pour la troisième place contre l’Espagne. Elles ont été sanctionnées d’une amende de 150 € par joueuse, soit 1500 € au total, que leur fédération nationale a décidé de prendre en charge. « Le plus important est de disposer d’équipements avec lesquels les athlètes sont à l’aise », estime Kare Geir Lio, le président de la Fédération norvégienne de handball. « Cela devrait être un choix libre dans la cadre de règles standardisées. » Chez les hommes, c’est d’ailleurs le short qui est obligatoire, et non le slip de bain.

Le mouvement de contestation contre le bikini prend de l’ampleur. Valérie Nicolas, sélectionneuse de l’équipe de France, confie avoir déjà « perdu des joueuses à cause de ce maillot de bain imposé. Elles me parlent de leur inconfort, elles ont l’impression d’être nues en public et scrutées par tout le monde ». Elle a prévu d’écrire une lettre, avec la Suède et le Danemark, pour demander un changement de code vestimentaire à l’EHF. Mais les dirigeants européens se retranchent derrière l’argument que seule la Fédération internationale a le pouvoir de modifier la réglementation…

Crédit photo : Fédération norvégienne de handball

Xavier Regnier
20.07.2021
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