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Canoë-kayak : Lucie Baudu met un terme à sa carrière sportive de slalom

Les Sportives Centre-Val de Loire
09.10.2023

La Loirétaine Lucie Baudu a annoncé sur les réseaux sociaux qu’elle mettait fin à sa carrière sportive. La championne de canoë kayak, spécialiste du slalom, s’est questionnée durant tout l’été sur sa situation. Au printemps dernier, elle visait encore Paris 2024. Mais le changement du mode de sélection pour les JOP l’a incitée à réfléchir sur l’intérêt de continuer à évoluer au plus haut niveau.

Lucie Baudu adore jouer avec l’eau et les éléments, qu’elle soit embarquée sur un canoë ou un kayak. La Loirétaine, spécialiste du slalom, pensait encore à Paris 2024 il n’y a pas si longtemps. Après s’être accordée un temps de réflexion durant l’été, elle a annoncé qu’elle arrêtait sa carrière sportive. Lors d’une entrevue en juin dernier, elle évoquait ses doutes et questionnements quant à l’intérêt de continuer à viser le plus haut niveau.

En désaccord avec les nouveaux critères de sélection

Pourquoi ? Notamment parce qu’elle a comme reçu un coup de massue après la première phase de sélections en vue des Jeux olympiques sur le bassin olympique de Vaires-sur-Marne. « Malheureusement, je n’ai pas été retenue. Je suis très déçue. Le mode de sélection de la fédération a changé et du coup c’est difficile de comprendre l’échec. J’avais pourtant l’impression d’avoir bien navigué. » Première sur la liste d’attente, elle n’était pas à l’aise à l’idée de compter sur un faux pas des autres. Mais ce qui la gêne avant tout, c’est le fait que la sélection ne soit pas uniquement liée aux résultats. 

La Loirétaine n’avait pas forcément envie de continuer à tout prix, de peur de se dégoûter de ce sport qu’elle aime tant. À 30 ans, la Loirétaine se sent un peu mise de côté par rapport à des profils plus jeunes et pas forcément meilleurs. « Beaucoup de critères ne sont pas liés à la performance, cela ne correspond pas à mes valeurs. En plus, les discours ne sont pas forcément suivis des actes, c’est un système épuisant mentalement. »

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De Saran à Pau, en passant par la Bretagne

Ainsi, Lucie participera à ses derniers championnats de France du 19 au 22 octobre à Cesson-Sévigné, là où tout a commencé, précise-t-elle dans sa publication. Cela dit, c’est bien chez elle, dans le Loiret qu’elle a découvert le canoé-kayak, au club de Saran. « J’ai accroché tout de suite, il y avait une ambiance plutôt relax et sympa. Comme les résultats sont venus assez vite, forcément ça donne envie. » C’est son entraîneur, Jean-Michel Arnoult, celui-là même qui avait sorti un certain Fabien Lefèvre, qui lui a fait miroiter la possibilité d’intégrer le haut niveau. « Moi, à 9 ans, je ne pensais pas devenir championne. Pour moi ce n’était même pas accessible. C’est lui qui m’a fait comprendre que j’en avais les capacités. »

Lucie Baudu a porté à intégré très jeune l’équipe de France. @Romain Bruneau-FFCK

En 2008, elle intègre le pôle espoir de Rennes, à l’âge de 15 ans. Cette année-là, elle décroche une médaille sur les championnats de France cadettes. Très vite, elle porte le maillot de l’équipe de France, d’abord chez les juniors en 2011, puis en 2012, à moins de 23 ans. Partie au pôle France de Pau en 2016, elle s’y est installée. « J’ai participé aux sélections olympiques, mais j’étais encore jeune, c’était plus pour prendre de l’expérience. À partir de 2018, j’ai commencé à pouvoir jouer des finales sur des épreuves internationales. J’ai d’ailleurs été championne du monde par équipe en kayak et médaille d’argent en individuel sur une coupe du monde. En 2019, j’ai fait beaucoup de 4e places sur des épreuves internationales en canoë. »

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Lucie Baudu, continuer pour le plaisir

Son sport, c’est sa passion, c’est pour cela qu’elle ne veut pas risquer de gâcher son plaisir. « J’aime la nature, le fait d’évoluer dehors. En slalom en plus, chaque site est différent. Le mouvement de l’eau, sa température, la météo aussi, donc je ne m’ennuie pas, ce n’est jamais pareil. J’aime aussi le jeu avec l’eau, il faut trouver le truc pour qu’elle t’aide, ne soit pas contre toi. » Elle est tellement mordue qu’elle n’a jamais réussi à faire un choix entre canoé et kayak, elle pratique les deux.

Si Lucie Baudu abandonne le rêve olympique, elle ne quittera pas pour autant ses embarcations fétiches. Mais désormais, ce sera uniquement pour le plaisir. Cette sportive accomplie découvre ou se perfectionne dans de nouvelles activités, toujours en contact avec la nature. Elle adore aller randonner en montagne, se lance dans le trail, l’escalade ou encore le vélo.

Parallèlement, elle veut développer son activité professionnelle. Titulaire d’un DUT GEA (gestion des entreprises et administration), elle s’est spécialisée ensuite dans la création de sites et de contenus internet. Elle a créé son auto-entreprise en 2018 ; une façon, disait-elle, de s’épanouir dans un autre domaine et de s’occuper l’esprit. Elle avait pensé à tout.

Les Sportives Centre-Val de Loire
09.10.2023

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