Sandrine Soulard conçoit les brassières de sport de Z sport
À la rencontre des sportives

La conception d’un sous-vêtement : dans les coulisses de Z Sport

Assia Hamdi
21.03.2022

Pour qu’un sous-vêtement réponde aux exigences de confort et d’esthétique des sportives, les fabricants doivent passer par un long parcours. Basée près de Tours, la marque Z Sport détaille la réalisation d’un modèle par le biais de sa responsable d’atelier. 

Il y a vingt ans, l’entreprise tourangelle Medical Z – spécialiste de vêtements post-opératoires pour la chirurgie plastique –, a lancé Z Sport, sa filiale dédiée au sous-vêtement sportif. Sandrine Soulard est responsable de l’atelier depuis six ans. Sa mission est de concevoir les soutiens-gorge et les brassières de la marque selon les directives de l’entreprise et en lien avec les différents départements. Les Sportives a été à la rencontre de cette professionnelle. Tests, questionnaires… Voici comment se fabrique un sous-vêtement sportif pour femmes et à quels enjeux sont confrontés les fabricants.

 

Les Sportives : Quelles sont les différentes étapes pour réaliser un sous-vêtement sportif ?

Z Sport : Tout commence par le cahier des charges. On se réunit et notre PDG, Monsieur Zagamé, annonce les exigences attendues pour le nouveau produit. On détermine aussi l’éventail des tailles, un ou deux coloris et on conçoit un dossier technique avec les différentes matières utilisées, les accessoires, le tableau de tailles. Ensuite, on passe à la production. La styliste s’occupe de l’esthétique et moi, du côté pratique. Elle va rechercher les inspirations, les tendances, réaliser des croquis et les premiers patronages. L’ingénieur textile va aussi contrôler toutes les matières qui composent le sous-vêtement. Après cela, on monte le premier modèle. Une fois ce prototype réalisé, on va tester son maintien et son esthétique. D’abord, il y a le test rebond : on réalise une vidéo pour vérifier à la fois le rebond du produit récent et celui d’un produit plus ancien, au maintien similaire. Et on compare les deux, pour voir si la poitrine bouge sur le prototype. Si tout nous paraît correct, on décline alors le prototype dans toutes les autres tailles.

Effectuez-vous ensuite d’autres tests, sur ces différentes tailles ?

Au moins une vingtaine de personnes teste chaque modèle. On fait appel à des testeuses avec différents gabarits et morphologies, car avec le même bonnet on peut avoir différents bustes, mais aussi différentes largeurs et formes de seins… Chacune va répondre à un questionnaire : l’enfilage a t-il été facile ? A-t-elle ressenti des gênes ? A-t-elle réussi à retirer son sous-vêtement ? Est-ce que l’esthétique lui plaît ? En parallèle, on lave 20 à 50 fois le soutien-gorge ou la brassière pour voir s’il y a des dégorgements, comment le tissu vieillit, et si les élastiques tiennent. Comme je suis coureuse à pied, je contrôle les sensations et le visuel du matériel lors d’un entraînement. En fonction de mon verdict, il se peut qu’on modifie certains détails. Début mars, par exemple, j’ai testé un modèle réglable, et j’ai réalisé qu’il était un peu trop près du cou. Le lendemain, on a modifié cette bretelle. Quand on court plus de deux heures, on va garder le soutien-gorge environ trois heures, donc on doit se sentir bien dedans, ne pas transpirer et ne pas avoir envie de l’enlever. Quand on fabrique un sous-vêtement, il faut penser à tout. Ce qui est important, c’est de pouvoir faire du sport avec un bien-être et un bon maintien. On veut que la sportive ne sente ni sa poitrine ni son soutien-gorge pendant sa pratique.

 

Au total, combien de temps la marque passe-t-elle sur la conception d’un sous-vêtement de sport ?

C’est très variable. Certains vont être fabriqués rapidement et d’autres qui vont exiger plus de temps, parce que la matière, le patronage ou le coloris va être modifié en cours de route. Beaucoup de personnes travaillent sur un sous-vêtement : il y a le travail de la styliste, la réalisation du prototype, le travail de notre ingénieur, mais aussi la communication, le choix du nom du produit ou encore la présentation aux commerciaux qui présenteront à leur tour le modèle aux client·e·s. Grosso modo, si on compte le retour de toutes nos testeuses, les échanges avec les fournisseurs et les délais de livraison pour la conception, il faut compter six mois.

Propos recueillis par Assia Hamdi

Article réalisé en partenariat sponsorisé

Assia Hamdi
21.03.2022

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